Chanel dans un jardin, Dior au cirque : la surenchère des décors des défilés haute couture

Si le choix du lieu où se déroule le défilé n’est jamais anodin, celui du décor l’est encore moins ! Si la sobriété - pour une question de coût - est de mise pour de nombreux créateurs, d'autres marques installées rivalisent d'audace à chaque saison. Retour sur les mises en scène de cette semaine haute couture printemps-été 2019 : le cirque Dior et la villa méditerranéenne de Chanel.

Chanel haute couture printemps-été 2019 à Paris, janvier 2019
Chanel haute couture printemps-été 2019 à Paris, janvier 2019 (Laurent Vu/SIPA)

Les défilés haute couture sont devenus de véritables shows : une collection au milieu d'acrobates sur la piste d'un cirque, des mannequins qui se promènent dans un jardin... le décor est devenu un moyen de surenchère pour les marques. Le vêtement ne suffit plus, il faut faire rêver.

Au premier jour de la semaine de la haute couture parisienne, Maria Grazia Chiuri - la créatrice italienne de Dior - a emmené son public au cirque en reconstituant un chapiteau dans les jardins du musée Rodin. Le défilé a été rythmé par la performance des acrobates de Mimbre, compagnie britannique de cirque féminine. Christian Dior aimait se rendre au Cirque d’hiver, où Richard Avedon, qui a su restituer l’essence du style de Monsieur Dior prendra, en 1955, la célèbre photo intitulée Dovima et les éléphants. Le thème du cirque réapparaît plus tard chez Dior sous la Direction Artistique de John Galliano. 

Reportage Valérie Heurtel

Au deuxième jour de la Fashion Week, c'est le tour de Chanel de nous éblouir. Toujours très attendus, les défilés de Karl Lagerfeld sont grandioses, démontrant un sens aigu de la mise en scène. Cadre habituel des défilés Chanel, le Grand Palais a déjà accueilli une forêt, un paquebot ou les quais de Seine avec ses boîtes de bouquinistes.

Cette saison, alors qu'il neige sur Paris, les invités du show sont installés sous le soleil du sud dans un jardin méditerranéen, avec en toile de fond sa villa italienne. 

Le lieu, un décor en lui-même

Si certaines griffes ne misent pas sur la fabrication d'un décor, néanmoins le lieu peut constituer un décor en lui-même : ainsi Alexandre Vauthier s'est offert une galerie du Grand Palais, Julien Fournié, lui avait opté pour l’Oratoire du Louvre, tandis que Stéphane Rolland était au Théâtre des Champs-Elysées.