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VIDEO. Selon Daniel Cohen, le numérique vous fait "renoncer à votre humanité"

Invité de Jean-Paul Chapel dans ":L'éco", Daniel Cohen, économiste, présente son nouvel ouvrage "Il faut dire que les temps ont changé... chronique (fiévreuse) d'une mutation qui inquiète". 

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"Beaucoup de choses ont évidemment changé et d'une certaine manière, on est dans un autre monde" déclare Daniel Cohen, invité de Jean-Paul Chapel dans ":L'éco". La révolution numérique est l'un des grands changements depuis la révolution industrielle: "A l'époque, on travaillait et on consommait à la chaîne. Là, on est dans un nouveau monde, on n'est plus à la chaine mais en ligne" explique t-il.

Une analogie qui existe, selon Daniel Cohen, entre le monde d'aujourd'hui et le monde des années 60 : "On est plus du tout dans le monde industriel où on était inclu et intégré à une grande organisation qui disait rigoureusement quoi faire. Maintenant, c'est les algorithmes qui vous disent quoi faire. Donc c'est beaucoup moins inclusif que par le passé mais  il y a quelque chose comme un grand ensemble qui vous enveloppe et qui vous fait renoncer à votre humanité."

Du fait de cette consommation du numérique à la fois au travail mais aussi sur le temps libre, Daniel Cohen veut trouver une "distance critique". "Il faut une critique sociale. On n'a pas à accepter l'ubérisation de la société. On ne doit pas toujours accepter d'être devant son écran." 

La question de L'AFP: "Les géants du numérique détruisent de l'emploi et menacent des secteurs entiers: comment les Etats peuvent-ils réagir ?" Pour l'économiste, "les Etats doivent réagir positivement en étant tournés vers l'avenir. L'intelligence artificielle est en train de transformer nos sociétés. Il y a deux manières de le faire: la première c'est de continuer comme maintenant notamment avec des applications qui vont se substituer au travail humain et contribuer à cette deshumanisation. L'autre voie c'est que l'assistance publique, l'éducation nationale se saisissent de ces instruments pour accroître la qualité des biens qui sont produits". 

L'interview s'est achevée en chanson avec "The times they are changin'" de Bob Dylan.