Décès de l'écrivain Serge Doubrovsky, père de l'autofiction
Tom Bishop, directeur du centre de civilisation et culture françaises à l'université de New York (NYU), a confirmé le décès de Serge Doubrovsky à l'AFP. "Je suis très ému par cette disparition. C'était quelqu'un qui comptait, un homme tout à fait extraordinaire. Un homme difficile aussi. Il n'était pas commode. (...) C'était un grand professeur et, j'estime, un grand écrivain", a-t-il déclaré.
Avec la parution en 1977 de "Fils", son troisième roman, Serge Doubrovsky a posé les fondations de l'autofiction, un genre entre autobiographie et fiction qui a fait florès dans la littérature avec des représentants comme Annie Ernaux et Christine Angot. L'autofiction "existait avant moi. Simplement, je lui ai donné un nom et je l'ai conceptualisée", expliquait Serge Doubrovsky en 2014 dans une interview à Télérama. Avant cela, écrire sur soi "était plutôt vu comme des accidents littéraires dans la vie et la bibliographie d'auteurs dont le reste de l'oeuvre était souvent très différent", poursuivait-il, en revenant sur ce néologisme qui a fait sa renommée.
Il publie son premier roman, "Le jour S", en 1963 mais c'est "Fils" qui marque un tournant dans sa carrière. Dans ce roman, l'auteur tente de dénouer les fils de sa vie, sur le divan, et s'interroge sur son statut de fils. En 2014, il publiera le manuscrit original de "Fils" recomposé par une de ses étudiantes sous le titre "Le Monstre". L'ouvrage paru chez Grasset fait 1.700 pages. Auteur d'une dizaine de romans et d'essais, Serge Doubrovsky a reçu le prix Médicis en 1989 pour "Le livre brisé" et le Grand prix de littérature de la Société des Gens de Lettres en 2011 pour "Un Homme de passage".
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