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A la rencontre de Jim Harrison, chez lui dans le Montana

Trois ans après "The great leader", Jim Harrison publie un nouveau roman, "Nageur de rivière" (chez Flammarion le 5 mars). L'été dernier, nous avons pu rencontrer l'auteur de "Légendes d'automne", chez lui, dans le Montana près de Yellowstone. Nous avons parlé avec lui de ce nouvel opus mais aussi de Paris, cette ville qu'il aime tant et dans laquelle il arrivera bientôt pour présenter son roman.
Article rédigé par
Jean-Claude Desjacques, Michel Pronost - franceinfo
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Jim Harrison chez lui dans le Montana
 (Jean-Claude Desjacques)
Au milieu des montagnes du Yellowstone, les rivières ont la couleur du feu. L’eau brûle, la terre crache, le ciel s’enflamme. Et c’est toute la nature qui se conjugue autour d’un rainbow aux jaunes dominants, aux bruns orangés, aux rouges carminés.
  (Jean-Claude Desjacques)


Les arbres calcinés par le souffre dessinent des forêts cimetières inquiétantes, les brumes chaudes tutoient les nuages, et mille geysers rappellent que le magma bouillonne juste sous nos pieds. La Yellowstone River a toujours inspiré Jim Harrison, voisin du Parc National. Thad, le principal caractère de son nouveau livre "The River Swimmer", traduit en français par "Nageur de Rivière", est sûrement tenté de plonger dans ces eaux.
 

 


Nous voulions le rencontrer lors d'un périple américain cet été. Contact par mail et 15 jours écoulés avant de recevoir cette réponse : 

"Oui…on peut se voir… je ne fais pas d’interview avant 14h30…. Apportez le vin !"
Ma réponse fut "Rouge ou Blanc ?"… Voilà quel fut le premier contact avec Mister Jim.
 
Direction donc Livingston (Montana). Nous venions donc de traverser Yellowstone National Park après avoir emprunté la route US 89 sur près de 80 miles, nous arrivons à trouver l’antre de l’écrivain sur Trail Creek Road. Il était 14h30 passées, Jim Harrison nous attendait.
  (Jean-Claude Desjacques)


Jim affiche 76 printemps mais il y a longtemps qu’il ne les compte plus. Cette année, il se remet d’une opération lourde du dos, alors il a écrit, il n’arrête pas d’écrire… Sur le mur de son bureau : des corbeaux, deux Indiens, Fidel Castro et Arthur Rimbaud.
 

Jim Harrison dans son bureau
 (Jean-Claude Desjacques)


Bien sûr, dans nos bagages, nous avions apporté le vin : un Côte du Rhône et un Cahors Haut de Serres 2001.

L’interview pouvait commencer :
  (Jean-Claude Desjacques)


Jean-Claude Desjacques : Jim, l’eau est un élément important dans vos histoires ; elle-est omniprésente ici dans le Montana ?

Jim Harrison : Chaque fois que je vois une rivière, je veux y plonger. Mon père m’a appris à nager dès l‘âge de 5 ans… J’aime le débit de l’eau, le courant. Dans le Montana, je suis entouré par les rivières, dans le Michigan pendant  plus de 25 ans j’avais un chalet au bord de l'eau, vous entendiez continuellement son bruit. Au printemps, les rivières sont gonflées par la fonte des neiges, l’été c’est plus calme. Il y a une vie dans l’eau, la nuit en m’endormant j’écoutais tous les bruits… C'est normal que mon jeune personnage de "Nageur de Rivière", Thad, fasse autant de rencontres dans l'eau.. Les rivières sont peuplées !!

On a l’impression que la Rivière conduit la vie et l’évolution de votre jeune héros Thad ?
 
C’est vrai mais il a besoin d'apprendre beaucoup de la vie, il doit mûrir. Quand je veux des explications ou apprendre quelque chose je ne demande jamais à un jeune… Il raconte des bobards… La vérité pour moi vient des aînés (...) La rivière, c’est vrai, c’est la vie... le sang qui coule dans les veines.
 


Jim, vous aimez Paris, vous allez y être pour présenter votre livre. Vous avez une passion pour cette ville ?

Je suis venu à Paris plus d'une trentaine de fois, j'aime le jardin du Luxembourg, il m'apaise, avec ses arbres ses bancs. New York  me rend dingue !! J'aime aussi déambuler à Montparnasse et dans son cimetière. Il y a beaucoup d’oiseaux à cause de la verdure et d’écrivains célèbres morts…
 
Vous vous n’êtes pas mort… et vous continuez à écrire... ?
 
Oui je ne peux pas m’arrêter, peut-être que j’écris trop… Je viens de terminer un autre roman, j’essaie de comprendre comment la conscience humaine évolue avec l’âge, les changements sont tellement profonds, cela me fascine... Mon personnage est un vieux qui devient insupportable, il tourne "bad guy".
 
Un peu comme vous Jim ? (rires)
 
Oui…. un peu , c’est vrai !!!!


L'interview en version originale non sous-titrée de Jim Harrison


"Nageur de rivière" Jim Harrison, Editions Flammarion, parution le 5 mars.

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