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Quai du polar à Lyon : quand les auteurs s'inspirent du côté obscur de la politique

Le roman policier est particulièrement en vogue aujourd'hui en France. En marge du festival Quai du polar à Lyon, deux auteurs décryptent le polar politique.

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Radio France
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Le festival Quai du polar à Lyon en 2015. (JEGAT MAXIME / MAXPPP)

Un livre sur quatre publié en France est un polar, 18 millions d'exemplaires vendus en 2016. Longtemps considéré comme secondaire, le roman policier est donc particulièrement en vogue. C'est aussi le genre idéal pour faire de la politique-fiction. Le monde politique, ses tensions, ses mensonges et ses trahisons, voire ses relations douteuses avec le crime organisé sont autant d'ingrédients susceptibles de faire un bon polar. A l'occasion de la 13ème édition du festival international Quai du polar, à Lyon, du vendredi 31 mars au dimanche 2 avril, franceinfo a rencontré deux journalistes auteurs de romans policier traitant de la politique.

Une campagne électorale pour décor

"On a une petite familiarité avec tout ça, avec la psychologie de ces hommes de pouvoir, explique Judith Perrigon ex-journaliste politique. Je voulais continuer à parler politique mais pas en chroniquant le petit théâtre politique". Elle cosigne avec Eva Joly, ancienne juge et ancienne candidate EELV à la présidentielle de 2012,  French Uranium (éd Les Arènes). L'intrigue se déroule en pleine campagne électorale.

La campagne n'est qu'une vitrine, un théâtre qui nous intéresse peu. Ce que l'on veut voir, c'est ce qu'il se passe derrière. Le roman permet cela.

Judith Perrignon, co-auteur de French uranium

à franceinfo

"Eva a été juge, elle a plongé dans les dossiers et les affaires politico-financières importantes comme l'affaire Elf dans les années 1990, rappelle la journaliste. Moi, j'ai passé huit ans dans les couloirs de l'Assemblée, dans les palais et dans les congrès des partis. Donc c'est un peu l'association de nos deux vies que l'on peut trouver à travers les pages de French uranium".  

La fiction permet aussi de dénoncer des liaisons dangereuses ou douteuses avec certains conseillers, dire ce que des médias, soumis à l'obligation de produire des preuves, ne peuvent pas écrire. "Quand on est journaliste, on parle à beaucoup de gens qu'on ne raconte pas forcément. Dans un roman, on peut vraiment en faire des personnages de premier plan", explique Judith Perrigon qui évoque ces conseillers issus du secteur financier et bancaire, des "second couteaux" qui "se construisent une carrière dans l'Etat". 

Le pouvoir des hauts fonctionnaires

Dans En Pays conquis (éditions Gallimard), Thomas Bronnec s'intéresse aussi au "pouvoir des hauts fonctionnaires, de la haute administration". Pour l'auteur, "il y a des choses que le grand public ne voit pas et qui ne font pas forcément les gros titres même si la presse en parle".

Avec la politque-fiction, le polar est aussi un outil pour dire tout haut ce que certains pensent tout bas. Dans son livre, Thomas Bronnec imagine une alliance politique entre un parti d'extrême-droite et la droite classique. "La seule question qui divise encore aujourd'hui vraiment la droite républicaine et l'extrême-droite, c'est la question de l'Europe", selon lui.

Le roman noir apparaît donc à beaucoup comme un très bon moyen pour dénoncer, dresser des portraits sombres d'homme politiques ou s'attaquer aux coulisses du pouvoir et dénoncer ses excès, quitte parfois à frôler la paranoïa ou la théorie du complot.

Quai du polar à Lyon : quand les auteurs s'inspirent du côté obscur de la politique - un reportage de Gilbert Chevalier
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