"On a chopé la puberté" : l'illustratrice du livre accusé de sexisme annonce la fin de sa collaboration

Anne Guillard annonce, avec "regret", qu'elle ne dessinera plus les personnages figurant dans le livre et dans le magazine "Julie". Elle dénonce la campagne virulente menée contre l'ouvrage destiné aux adolescentes.

Des ouvrages incluant les personnages des \"Pipelettes\" aux éditions Milan.
Des ouvrages incluant les personnages des "Pipelettes" aux éditions Milan. (EDITIONS MILAN)

"Les Pipelettes" ne survivront pas à la polémique. L'illustratrice Anne Guillard a annoncé, mercredi 7 mars, dans une tribune publiée par ActuaLitté, qu'elle avait "décidé de stopper" de dessiner ses personnages figurant dans le livre pour pré-adolescentes On a chopé la puberté, qui ne sera pas réédité après des accusations de sexisme.

Anne Guillard rappelle que "les Pipelettes", une bande de quatre jeunes filles, sont nées "il y a dix ans" dans le magazine Julie. Elles sont, depuis, devenues "les mascottes d'une collection de livres thématiques" des éditions Milan, dont de nouveaux exemplaires étaient en préparation. "Il aura fallu à peine 48 heures pour ruiner publiquement cet univers", déplore l'illustratrice, après la "polémique éclair".

Il m’est impossible de continuer de dessiner les Pipelettes comme s’il ne s’était rien passé.Anne Guillardsur ActuaLitté

"Vous vivez au Moyen Âge"

Dans sa tribune, la dessinatrice cible les signataires de la pétition contre On a chopé la puberté. "148 249 personnes mobilisées contre un livre écoulé à 3 000 exemplaires : donc des gens qui n’ont pas lu ce livre avant de le critiquer accusent l’éditeur de ne pas avoir lu ce livre avant de le publier, et estiment devoir empêcher les autres de le lire", écrit-elle.

"Vous avez le droit de trouver que les auteures auraient pu donner des conseils plus judicieux, ou que les extraits que vous avez vus tourner ne sont pas adaptés ; vous avez le droit de trouver ce livre idiot, ringard ou inapproprié, ajoute-t-elle. Mais si vous réclamez qu’on fasse disparaître un ouvrage parce que vous n’en approuvez pas le contenu, alors c’est vous qui vivez au Moyen Âge."

Elle conclut : "C’est bien d’avoir à cœur de préserver l’âme de nos petites filles contre les livres dangereux. Et comme vous êtes des adultes vigilants, vous n’oublierez pas non plus de les mettre en garde contre les dangers des réseaux sociaux et des lynchages collectifs."