Mort de Claude Lanzmann : il était "un combattant s’engageant dans les luttes de son temps"

Claude Lanzmann a été un des signataires de la Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie, rappelle l'historien Benjamin Stora.

Le realisateur Claude Lanzmann au Palais de l\'Elysée le 3 septembre 2013
Le realisateur Claude Lanzmann au Palais de l'Elysée le 3 septembre 2013 (CHRISTOPHE PETIT TESSON / MAXPPP)

Claude Lanzmann, 92 ans, était "un combattant s’engageant dans les luttes de son temps", a réagi l’historien Benjamin Stora, président du conseil d'orientation du Musée national de l'Histoire de l'immigration sur franceinfo, après la mort jeudi 5 juillet du réalisateur à son domicile parisien.

Des combats méconnus

"Claude Lanzmann a combattu pour la Vérité, c’est incontestable", mais pas uniquement dans le film Shoah et en mémoire des juifs persécutés. Il y a d’autres combats moins connus, en particulier pendant la guerre d’Algérie. "Au côté de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir, dans la revue les Temps modernes, ils étaient des partisans fervents dans l’indépendance algérienne", a expliqué l'historien Benjamin Stora.

Claude Lanzmann a été un des signataires du Manifeste des 121 [Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie]. "Il avait d’ailleurs été arrêté pour ça", a rappelé Benjamin Stora. Dans les années 80, Claude Lanzmann "avait évolué sur cette question de la guerre d’indépendance algérienne. Il pensait qu’il avait été un peu trop dur par rapport aux harkis, et aux militants algériens qui s’étaient opposés au FLN", a expliqué l’historien sur franceinfo. D’ailleurs, un des derniers numéros des Temps modernes était consacré aux harkis.