Icône patriote et féministe, la "Rosie the Riveter" de Norman Rockwell, est morte à 92 ans

Mary Doyle Keefe, qui avait servi de modèle pour le peintre américain, était devenue par hasard une icône patriote durant la seconde guerre mondiale avant d'être un symbole de la libération des femmes à partir des années 1980.

Mary Doyle Keefe, pose, le 22 mai 2002, avec la couverture du \"Saturday Evening Post\" de mai 1943, affichant son portrait réalisé par le peintre Norman Rockwell.
Mary Doyle Keefe, pose, le 22 mai 2002, avec la couverture du "Saturday Evening Post" de mai 1943, affichant son portrait réalisé par le peintre Norman Rockwell. (JIM COLE / AP / SIPA)

En 1943, cette opératrice téléphonique a prêté son visage au patriotisme américain, pour soutenir l'effort de guerre. Mary Doyle Keefe avait 19 ans quand elle est devenue Rosie the Riveter, sous le pinceau du peintre américain Norman Rockwell. Le modèle patriote devenu symbole de l'indépendance des femmes est morte à l'âge de 92 ans, dans le Connecticut (Etats-Unis), annonce sa famille, mercredi 22 avril. 

Mary Doyle Keefe était la voisine du peintre Normal Rockwell, à Arlington, dans le Vermont, raconte le Washington Post (en anglais). Ce dernier demandait souvent à la communauté de cette commune de poser pour lui. Son photographe prenait les modèles en photo, le peintre les payait une poignée de dollars et peignait d'après ces clichés.

Sous ses pieds, "Mein Kampf" d'Adolf Hitler

Sur ce portrait, Mary porte une salopette en jean, un polo, des lunettes de protection, tient un sandwich dans une main et une riveteuse est posée sur ses genoux. Ecrasée par son corps puissant, une édition de Mein Kampf, d'Adolf Hitler.

\"Rosie the Riveter\", de Norman Rockwell, peint pendant la seconde guerre mondiale.
"Rosie the Riveter", de Norman Rockwell, peint pendant la seconde guerre mondiale. (AP / SIPA)
 

 "J'ai dû faire de vous une géante", écrit Norman Rockwell à son modèle, vingt-quatre ans plus tard, désolé d'avoir exagéré ses mensurations. Mary Doyle Keefe n'était "pas embêtée. L'idée d'avoir posé pour Norman Rockwell était simplement agréable", avait-elle déclaré, en 2002, au Hartford Courant (en anglais).

"We can do it !", du patriotisme au féminisme

"Très vite, la toile a vécu sa propre vie", écrit le Washington Post. Le dessinateur Howard Miller s'en inspire pour créer une campagne de propagande destinée à motiver les travailleurs des usines d'armement. C'est cette Rosie the Riveter toujours patriote, qui devient une icône féministe. L'interprétation de Miller, surlignée du slogan "We can do it !", est redécouverte et rediffusée par les mouvements féministes des années 1980. 

"Je n'y pensais pas beaucoup, et je ne me voyais pas vraiment comme l'incarnation de la femme moderne, avait confié Mary Doyle Keefe, en 2012. Il y avait une guerre en cours et vous faisiez ce que vous pouviez." C'est donc malgré elle que Mary Doyle Keefe est devenue une icône de l'indépendance des femmes, encore imitée par les féministes pop comme Beyoncé, sur son compte Instagram.

 

Une photo publiée par Beyoncé (@beyonce) le 22 Juil. 2014 à 6h41 PDT