Sortie VOD. "Ala Changso", beau film tibétain sur un pèlerinage initiatique à Lhassa

Reconfinement oblige, de rares films sortent à vouveau en VOD, comme ce long métrage tibétain, mélodramatique et spirituel.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Nyima Sungsung dans "Ala Changso" de Sonthar Gyal. (Copyright Ciné Croisette)

En février, Jinpa avait échappé au premier confinement, permettant de découvrir un rare et très beau film tibétain. Ala Changso, premier long métrage de Sonthar Gyal, est contraint à une seule sortie VOD (disponible sur cinecroisette.com) à partir du mercredi 11 novembre, suite à cette deuxième fermeture des salles. Drame familial sur fond de spiritualité tibétaine, il nous plonge comme son prédécesseur, au cœur d’une société aux antipodes de la nôtre, en pleine mutation.

Tradition et modernité

Au Tibet, Drolma atteinte d’une grave maladie, entreprend un pèlerinage d’un an à Lhassa qui lui impose de faire trois pas, se prosterner, puis de reprendre sa marche. Veuve remariée, mère de Norbu - un garçon turbulent opposé à son beau-père Dorje -, Drolma cache sa maladie à son mari et quitte le foyer. Elle est bientôt rejointe sur sa route par son frère Jinpa, puis Dorje et son fils. Dans les épreuves, ces deux derniers vont trouver la voie de leur réconciliation.

Empreint de la rudesse et de la beauté du Tibet, Ala Changso (Dieu essaie), entièrement tourné en extérieur, témoigne aussi d’une société dont les traditions sont confrontées à une modernité galopante. Drolma préfère le remède d'un pèlerinage traditionnel à celui de l’hôpital, alors que son frère use d’une moto rutilante, et que son mari l’engage constamment à soulager ses efforts en prenant le bus. Le sacrifice de Drolma, son engagement, vont déteindre sur son mari et son fils, et émousser petit à petit leurs antagonismes passés.

Un cinéma autre

Comme dans Jinpa, de son compatriote Pema Tseden, Sonthar Gyal défend les valeurs de la société tibétaine, très ancrée dans la spiritualité et la ruralité. Une temporalité qui se heurte au monde contemporain dominé par la vitesse et les nouvelles technologies. Cette ode à la lenteur se retrouve dans la forme-même du film, dans laquelle il faut se laisser glisser pour en extraire le sens.

Yungdrung Gyal et Guru Tsedan dans "Ala Changso" de Sonthar Gyal. (Copyright Ciné Croisette)

Ce 7e art en provenance d’Asie, comme les récents A Dark, Dark Man ou La Femme des steppes, le flic et l’œuf, démontrent la vivacité d’un cinéma, témoin d'une autre modernité. La maîtrise de l’image, de la mise en scène et du récit par Sonthar Gyal, n’a rien à envier aux cinéastes les plus aguerris, d'autant qu'il s’agit d’un premier film. Loin des blockbusters tonitruants, avec son rythme contemplatif Ala Changso fusionne passé et présent, sur le chemin d’une troisième voie.

L'affiche de "Ala Changso" de Sonthar Gyal. (Copyright Ciné Croisette)

La fiche

Genre : Drame
Réalisateur : Sonthar Gyal
Acteurs : Yungdrung Gyal, Nyima Sungsung, Jinpa, Guru Tsedan.
Pays : Chine (Tibet)
Durée : 1h50
Sortie : 11 novembre 2020 (VOD)
Distributeur : Ciné Croisette

Synopsis : Apprenant qu’elle souffre d’une maladie grave, Drolma décide d’effectuer un éprouvant pèlerinage jusqu’à Lhassa, qui durera une année. Elle part sans révéler sa maladie à Dorje son époux. Elle dissimule également un secret concernant son ancien compagnon décédé. Elle part donc au plus vite et décide de partir seule. Elle commence donc ce long voyage accompagnée au tout début par deux jeunes voisines. Très vite, elle est rejointe par Dorje accompagné de Norbu, le fils de Drolma issu de son précédent mariage. Norbu est un enfant difficile qui a des relations compliquées avec sa mère et son beau-père. Ils vont poursuivre le voyage à ses côtés. Après la disparition de Drolma qui n’atteindra jamais Lhassa, ils continueront tous les deux le pèlerinage. Celui-ci les rapprochera et deviendra alors un parcours initiatique permettant ainsi de réaliser la promesse faite par Dorma au père défunt de Norbu.

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