"Scream 5" moins horrifique que les autres volets de la saga : "Ce qui a changé en 25 ans, c'est l'apparition d'Internet"

Le 5e opus de la saga Scream sort en salles mercredi. Vingt-cinq ans ont passé depuis le premier volet et, signe des temps sans doute, les images de massacres n'ont plus la même odeur de soufre.

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Radio France
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Le tueur de "Scream" avec le fameux masque, dans le cinquième opus de la saga qui sort en salles mercredi 12 janvier 2022. (Paramount Pictures)

Le tueur au masque est de retour dans un 5e film Scream, qui sort mercredi 12 janvier au cinéma, avec tous les survivants du casting d'origine. Un quart de siècle après la sortie du premier volet et son grand prix au Festival du film fantastique de Gérardmer, les images de massacres n'auront certainement plus le même impact qu'à l'époque où la sortie du film avait été suivie de polémiques. 

Lorsque Scream sort en salles en France à l'été 1997, le visage de la star Drew Barrymore occupe l'intégralité de l'affiche. C'était, à l'époque, l'actrice la plus connue du casting. "Elle se fait tuer dès la scène d'ouverture, rappelle Marie Casabonne, coautrice du livre Slashers, consacré justement à ce sous-genre cinématographique du film d’horreur. Ça a été un choc pour beaucoup de gens qui pensaient qu'on allait la suivre pendant tout le film."

Un côté "transgressif"

Ce jeu macabre se hisse immédiatement au rang de phénomène. "Scream, c'était réservé à un public adolescent. Il y avait ce coté transgressif de regarder quelque chose qu'on n'a pas forcément droit de regarder car il y avait des restrictions d'âge", estime la spécialiste. 

Scream 2 et 3 réalisent chacun plus de deux millions d'entrées en France. Dans le lot, il y a des spectateurs pour le moins fragile. En témoigne ce fait divers : un élève de seconde avait tué à coups de couteaux l'une de ses camarades. Les enquêteurs avaient retrouvé chez lui un modèle du masque utilisé dans le film. Les ennuis commencent alors pour la saga. "Il y a 25 ans, 'Scream' s'inscrivait dans un monde où il y avait une violence d'un côté et puis un monde pacifié de l'autre. Aujourd'hui, il n'y a plus qu'un monde de violence", décrypte le sociologue Michel Fize, auteur du livre J'aide mon adolescent à grandir.

"L'apparition d'Internet" explique ce changement

A l'époque, Ségolène Royal, ministre déléguée à la famille commande même un rapport d'experts sur l'influence des images violentes sur les adolescents. Impensable aujourd'hui selon Marie Casabonne : "Depuis le temps, il y a eu une vague de films très gores et très graphiques. C'est vrai que Game of Thrones et pas mal d'autres séries ou d'autres films repoussent un peu les limites." Ségolène Royal ne s'en émouvra sans doute plus. Et selon Michel Fize, ce n'est même pas cette surenchère gore à l'écran qui est en cause. "Ce qui a changé en 25 ans, c'est l'apparition d'Internet"; analyse-t-il.

"Pour imaginer les scénarios du pire, on n'a pas besoin de films comme support."

Michel Fize, sociologue

à franceinfo

 
Et si le public peut être blasé des images sanguinolentes, ce n'est peut-être pas plus mal. Néanmoins, "pour les amateurs de films d'horreur, [la sortie de Scream 5] reste un évènement", estime Marie Casabonne. Pour Michel Fize, "ce qui fait l'intérêt, c'est peut-être sur le plan artistique". C'est sur ce plan-là que l'on jugera si le 5e film, le premier depuis la mort du réalisateur Wes Craven, est ou non une réussite.

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