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« Laurence Anyways » : un homme est une femme

De Xavier Dolan (Canada/France), avec : Melvil Poupaud, Suzanne Clément, Nathalie Baye - 2h39 - Sortie : 18 juillet
Article rédigé par
Jacky Bornet - franceinfo
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Melvil Poupaud est "Laurence Anyways" de Xavier Dolan
 (MK2 Diffusion)

Synopsis : 'un amour impossible. Le jour de son trentième anniversaire, Laurence, qui est très amoureux de Fred, révèle à celle-ci, après d'abstruses circonlocutions, son désir de devenir une femme.
 

Une femme est une femme
Prix d’interprétation féminine à Un certain regard au dernier Festival de Cannes, revenu  à Suzanne Clément, « Laurence Anyways » du Québécois Xavier Dolan aurait mérité de se retrouver dans la compétition officielle, voire au palmarès. Pour son sujet, son traitement, son interprétation, sur un projet risqué : l’inéluctabilité d’un homme à devenir une femme.

Melvil Poupaud dans le rôle de Laurence, trentenaire, enseignant et écrivain lancé dans cette quête impossible à vivre, mérite tout autant le prix d’interprétation que sa partenaire, tant il est convaincant dans ce rôle changeant, torturé et initiatique. Laurence n’est pas homosexuel, il se sent tout simplement femme et ne peut qu’avouer sa frustration de ne pas s’assumer comme tel à sa compagne qu’il aime. Vous avez dit bizarre ?

Melvil Poupaud et Suzanne Clément dans "Laurence Anyways"
 (MK2 Diffusion)

Fresque intimiste
« Laurence Anyways » raconte cette histoire de couple sur le ton d’une fresque de 2h40 étendue sur dix années. Fresque, car Xavier Dolan lui donne une tonalité épique, grâce à une maestria de la mise en scène étonnante et magique. Scénariste, dialoguiste, monteur, costumier, metteur en scène, tout « Laurence Anyways » repose sur ses épaules. Sans parler de la bande son et l’usage de la musique, du jeu sur les couleurs, magistraux. Cadre et recherche graphique, tant  dans les costumes que les décors et la lumières font de « Laurence Anyways » un OVNI prônant le droit, la revendication de la différence.

En prenant le cas d’un homme voulant devenir femme, « Laurence Anyways » ne se limite pas à lui seul, mais englobe toutes les marginalités. D’emblée le film pose la question de la légitimité d’une convenue « normalité » d’apporter quoi que ce soit à toute société, par rapport à la différence. Equation que traite magistralement Dolan avec une cinématographie exemplaire par son originalité, son renouvellement constant et un sens du récit magnifique.

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