"La Nuée", un mélange hasardeux de science-fiction française et de film d'auteur

Pour son premier long métrage, Just Phillippot a choisi un sujet original autour de l'élevage de criquets, dont les mutations s'avèrent apocalyptiques.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Suliane Brahim sans "Le Nuit" de Just Phillippo. (Copyright THE JOKERS / CAPRICCI)

Prix de la critique et prix du public du Festival du film fantastique de Gérardmer, le premier long métrage de Just Phillippot traite d'un sujet original. En salles mercredi 16 juin, La Nuée aborde en effet les préoccupations écologiques et agroalimentaires, en parallèle à l'éducation des deux enfants d'une femme indépendante. Des thèmes très contemporains, mais dont le mélange ne fait pas forcément bon ménage.

Sujet classique, mais style réaliste

Difficile pour Virginie de concilier sa vie d'agricultrice avec celle de mère célibataire. Pour sauver sa ferme de la faillite, elle se lance dans un élevage de sauterelles comestibles. Mais peu à peu, ses deux enfants ne la reconnaissent plus : Virginie développe un étrange lien obsessionnel avec ses criquets. Suite à une manipulation génétique, les sauterelles mutantes vont se retourner contre leur créatrice.

Reposant sur le sujet classique de la révolte animale propre à la science-fiction (Les Monstres attaquent la ville, Tarantula, Phase IV), La Nuée prend le parti d'une mise en scène réaliste. L'entreprise de Virginie est artisanale, son laboratoire bricolé n'en est pas moins performant. Elle gère seule, s'avère une âpre négociatrice et les premiers résultats sont performants et prometteurs. Mais l'appât du gain, grâce à une innovation de la recherche génétique, va mettre sa vie en péril, celle de ses enfants, voire plus encore.

Mélange des genres

La Nué pourrait être la réponse française au remarquable Take Shelter (2011) de l'Américain Jeff Nichols sur le changement climatique. Le film catastrophe (l'approche d'un terrible typhon) était aussi prétexte à des enjeux plus intimes. Le film parvenait à un parfait équilibre entre les deux sujets. Celui de Just Phillippot est moins harmonieux, l'intrigue de science-fiction étant davantage parasitée qu'enrichie par le drame familial. 

Suliane Brahim, Raphaël Roman et Marie Narbonne dans "La Nuée" de Just Phillippo (2021). (THE JOKERS / CAPRICCI)

Celui-ci renvoie à une thématique majeure du cinéma d'auteur, dont Maurice Pialat (L'Enfance nue) et Jacques Doillon (Ponette) seraient les fers de lance. Le mélange des genres, louable en soit, ne prend pas. Comme si Just Phillippot subordonnait son sujet de "fantaisie" à un autre plus noble. Si la jeune femme élève en parallèle des sauterelles et ses enfants, tous en pleine mutation, ce rapprochement n'est pas suffisamment abouti alors que porteur d'une dramaturgie puissante. Dommage.

L'affiche de "La Nuée" de Just Phillippo (2021). (THE JOKERS : CAPRICCI)

La fiche

Genre : Science-fiction
Réalisateur : Just Phillippot
Acteurs : Suliane Brahim, Sofian Khammes, Marie Narbonne, Raphaël Roman
Pays : France
Durée : 1h41
Sortie : 16 juin 2021
Distributeur : The Jokers / Capricci

Interdit aux moins de 12 ans
Le film fait partie de la Sélection Semaine de la Critique Cannes 2020

Synopsis 
Difficile pour Virginie de concilier sa vie d'agricultrice avec celle de mère célibataire. Pour sauver sa ferme de la faillite, elle se lance à corps perdu dans le business des sauterelles comestibles. Mais peu à peu, ses enfants ne la reconnaissent plus : Virginie semble développer un étrange lien obsessionnel avec ses sauterelles...

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