Pédophilie dans l'église : une femme citée dans le film de François Ozon exige le retrait de son nom

Une ex-membre du diocèse de Lyon, Régine Maire, jugée récemment aux côtés du cardinal Barbarin pour non-dénonciation d'agressions sexuelles, a mis en demeure François Ozon de retirer son nom du film qu'il a réalisé sur l'affaire et dont la sortie est prévue en février. Elle dit avoir appris par la presse qu'elle était représentée sous son vrai nom sans avoir été consultée

François Ozon à Cannes (26 mai 2017)
François Ozon à Cannes (26 mai 2017) (Gisèle Tellier / Future Image / WENN.com / SIPA)
"Elle a fait une demande officielle, par voie de mise en demeure, pour que son nom patronymique soit retiré de ce film et ne soit plus utilisé", a indiqué mercredi l'avocat de Régine Maire, Me Xavier Vahramian, confirmant une information du site internet de l'hebdomadaire La Vie.
 
Le film de François Ozon, "Grâce à Dieu", doit sortir le 20 février. Il raconte la naissance de l'association de victimes "La Parole libérée", fondée à Lyon en 2015 par d'anciens scouts abusés par un prêtre pédophile, Bernard Preynat. L'une des victimes, Alexandre Hezez-Dussot, est incarné à l'écran par l'acteur Melvil Poupaud.
 
Régine Maire a comparu devant le tribunal de Lyon, début janvier, avec l'archevêque Philippe Barbarin et quatre autres personnes, poursuivi par des victimes du prêtre pour ne pas avoir dénoncé ses agissements à la justice.

Régine Maire demande à visionner le film avant sa sortie

Régine Maire a appris dans la presse qu'elle était représentée à l'écran sous son vrai nom dans le film, sans avoir été consultée, "alors que pour les victimes, ils ont utilisé un nom d'emprunt", déplore son avocat, qui précise que sa cliente a demandé également "à visionner le film" avant sa sortie.
 
"Elle veut savoir" le rôle qu'on lui fait jouer, a-t-il dit. Fin 2014, avant qu'Alexandre Hezez ne porte plainte contre le prêtre, cette bénévole du diocèse avait organisé une rencontre entre les deux hommes, élément central de sa comparution au procès.

Le tribunal doit rendre son délibéré après la sortie du film 

Le courrier de mise en demeure est parti mardi. "Il faut voir la réaction que le producteur et le distributeur vont avoir. Avec le numérique, changer une bande-son c'est facile", considère Me Vahramian, qui dénonce une "atteinte énorme" aux droits de la personne et à la présomption d'innocence de sa cliente.
 
Le tribunal correctionnel doit rendre son délibéré le 7 mars, soit après la sortie du film. A l'audience, l'avocat de Régine Maire a plaidé la relaxe et le parquet n'a pas requis de condamnation.
 
Le père Bernard Preynat, lui, n'a pas encore été jugé pour l'agression des scouts. Son avocat a demandé à François Ozon de reporter la sortie du film après le procès.