Mort de Jacques Perrin : Costa Gavras salue "un producteur subtil, un homme d'une grande curiosité"

Pour le réalisateur franco-grec, Jacques Perrin était aussi très audacieux avec la volonté d'explorer avec le cinéma des domaines, comme dans "Microcosmos", "où personne d'autre n'était allé".

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Radio France
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  (MEHDI FEDOUACH / AFP)

Jacques Perrin, mort jeudi 21 avril à 80 ans, était "l'un des producteurs français les plus subtils, les plus intéressants", a sur franceinfo le réalisateur Costa Gavras. Jacques Perrin avait produit et joué dans plusieurs des films du réalisateur franco-grec, notamment Z en 1969 ou État de siège en 1973. Pour Costa Gavras, Jacques Perrin, en tant que réalisateur et producteur, allait "là où personne ne voulait aller". C'était "un homme d'une grande curiosité", a-t-il ajouté.

franceinfo : Jacques Perrin était un jeune producteur quand vous réalisez Z. Quel souvenir avez-vous de cette rencontre?

La rencontre a été faite avant. Je l'avais à mon premier film, à mon deuxième film. On est devenu très amis. Et je lui ai proposé Z. Personne ne voulait faire Z. On ne trouvait pas le lieu pour le faire et il m'a proposé à l'Algérie. Et à partir de là, il est devenu producteur. Et depuis, il est devenu un grand producteur français. Je pense même que c'est l'un des producteurs français les plus subtils, les plus intéressants. C'est lui qui [a] fait les choses tout à fait nouvelles.

C'était un enfant de la balle ?

C'est exactement ça. Il a commencé très jeune au théâtre. Il a commencé d'ailleurs à faire une carrière en Italie comme jeune premier. C'est à la suite de cela que je l'avais choisi. Et il a fait mon premier film, et c'était formidable. C'était un grand acteur. C'était un homme merveilleux en plus. Et grâce à toutes ces productions qu'il a fait, il n'est pas devenu riche, il a fait d'autres films. C'était ça la grande qualité de Jacques Perrin.

C'était aussi un homme aux multiples talents, aux multiples facettes ?

Il voulait tout explorer. Il aimait faire des choses nouvelles. Comme producteur, il aimait beaucoup aller là où personne d'autre n'était allé. Cet extraordinaire film sur les oiseaux (Le Peuple migrateur), ça a été d'une difficulté extrême. Mais il a été jusqu'au bout. Pour les films qu'il a faits dans la mer, il a même fait fabriquer des caméras pour aller à des grandes profondeurs. C'était vraiment un homme d'une grande curiosité et aussi d'une extrême gentillesse.

Avec Microcosmos, est-ce que vous avez été surpris de le voir aller dans cet univers ?

Oui. Personne n'y a pensé avant. Il a été complètement à fond. Il a fabriqué des appareils pour pouvoir filmer les petits insectes. Et le dernier projet dont il m'a parlé, c'était un grand film sur la Chine, comme on l'a jamais fait. C'était vraiment un homme énorme, qui ne s'arrêtait jamais et qui avait la curiosité extrême que doit avoir un producteur. Il n'avait pas peur non plus pour trouver l'argent. Et il réussissait toujours à convaincre des producteurs, des banquiers pour lui donner de l'argent pour faire des films complètement inhabituels et complètement en dehors du lieu des grandes œuvres qu'on fait en France.

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