Cannes 2019 : ovation pour Claude Lelouch, Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée

Claude Lelouch et ses acteurs Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée ont été longuement applaudis après la projection à Cannes de la suite d'Un homme et une femme, Les plus belles années d'une vie à Cannes, samedi 18 mai

Claude Lelouch, Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant à Cannes le 18 mai 2019
Claude Lelouch, Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant à Cannes le 18 mai 2019 (FRANCK CASTEL / MAXPPP)

"Badabadada, badabada..." : le public a entonné en choeur la célèbre chanson d'Un homme et une femme samedi soir au Festival de Cannes pour saluer Claude Lelouch et ses acteurs Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée, venus présenter une suite de ce film mythique, dans un moment plein d'émotion.

Avant cette ritournelle reprise a capella par la salle, de longues minutes d'applaudissements nourris avaient accompagné la fin de la projection des Plus belles années d'une vie, pendant lesquelles l'émotion du réalisateur et de ses acteurs était palpable.

Claude Lelouch : "Merci, merci"

"Merci, merci, merci, merci. Je ne sais pas comment dire merci. En tous les cas, merci Jean-Louis, merci Anouk. C'est grâce à vous que ce miracle a eu lieu, et on a eu beaucoup de chance de pouvoir le filmer", a réagi Claude Lelouch, la voix tremblante, après ce tonnerre d'applaudissements.

"Je voudrais remercier tous les gens qui m'ont dit non, parce que ça m'a permis de trouver ceux qui m'ont dit oui", a-t-il encore dit, avant de redescendre les marches sous la pluie au bras d'Anouk Aimée.

Auparavant, le cinéaste de 81 ans et son actrice de 87 ans avaient foulé le tapis rouge pour venir rejoindre Jean-Louis Trintignant, 88 ans, très affaibli, qui les attendait en haut de l'escalier, où toute l'équipe du film a pu se réunir.

"L'impression d'être revenus là où on est nés"

A leurs côtés se trouvaient également ceux qui jouaient leurs enfants en 1966 - Antoine Sire et Souad Amidou - aujourd'hui quinquagénaires et qui reprennent leur rôle dans la suite - ainsi que les actrices Monica Bellucci et Marianne Denicourt.

"On a le sentiment d'avoir fait le tour du monde des émotions et d'être revenus là où on est nés", a souligné le réalisateur en bas des marches.

Présenté hors compétition sur la Croisette, Les Plus belles années d'une vie, raconte les retrouvailles des deux personnages principaux d'Un homme et une femme, Palme d'or 1966 et consacré par deux Oscars, celui du meilleur film étranger et celui du meilleur scénario.

Tourné en dix jours, ce film plein de nostalgie - dont la musique a été à nouveau composée par Francis Lai, déjà aux manettes il y a 53 ans (et décédé en novembre 2018), et par le chanteur Calogero -, raconte les retrouvailles des deux personnages de cette histoire d'amour passionnée.

En 1966, un succès inattendu

En 1986, Claude Lelouch avait déjà réalisé une première suite à son film le plus célèbre et réunissant ses deux acteurs de 1966. L'idée de reprendre encore une fois le flambeau lui a été soufflée par "le temps qui passe", a-t-il expliqué à l'AFP. "Ce genre de film est unique dans l'histoire du cinéma. C'est la première fois qu'un metteur en scène peut retrouver ses deux comédiens, 53 ans après."

Son histoire avec Cannes avait commencé avec Un homme et une femme, sélectionné in extremis en 1966. Son succès avait été totalement inattendu pour Claude Lelouch, alors âgé de 28 ans, qui avait fait jusque-là six longs métrages qui n'avaient pas marché. "J'ai fait ce film un peu comme un dernier film, donc on a pris tous les risques", a-t-il raconté.

Le succès de ce film, "ça m'a permis d'être un cinéaste indépendant, libre", a-t-il poursuivi. "Cannes c'est un peu mon père et ma mère. C'est ma deuxième naissance."