Rencontres, sélections, "preview" : découvrez le programme du Festival d’animation d’Annecy 2020 en ligne

Marcel Jean, délégué artistique, promet un "menu très copieux" aux festivaliers, malgré l’annulation de l’événement physique en raison de la pandémie de coronavirus.

Image du film \"Le Petit Vampire de Joann Sfar.
Image du film "Le Petit Vampire de Joann Sfar. (THE MAGICAL SOCIETY, STUDIO CANAL, FRANCE 3 CINÉMA, LA COMPAGNIE CINÉMATOGRAPHIQUE, PANACHE PRODUCTIONS, STORY)

Cette année, les cinéastes d’animation vous donnent rendez-vous, non pas au bord du lac d’Annecy, mais devant votre écran. Du 15 au 30 juin, le Festival international d’animation, grand rendez-vous des professionnels du secteur et des cinéphiles, se décline en ligne, face à l’annulation de l’événement physique dans un contexte de pandémie.

L’hommage à l’animation africaine a été repoussé à 2021, car "il est important que les talents soient présents. Nous avons préféré reporter cet hommage pour lui donner tout le relief qu’il mérite", nous expliquait en mai le directeur du Festival Mickaël Marin. 

Reste "un menu très copieux", assure Marcel Jean, délégué artistique du Festival et cinéaste : près de 80 courts-métrages seront présentés dans les programmes compétitifs du Festival dédiés à ce format (qui bénéficie chaque année d’une production importante). Sans oublier les sélections longs-métrages, les preview (premières images exclusives) ainsi que les rencontres, cette année virtuelles : Work in Progress, Leçons de Cinéma, Making of. Le Marché International du Festival d’Annecy (MIFA), plateforme commerciale pour les professionnels, se déroulera lui aussi en ligne.

Marcel Jean, réalisateur, producteur et délégué artistique du Festival d\'animation d\'Annecy. 
Marcel Jean, réalisateur, producteur et délégué artistique du Festival d'animation d'Annecy.  (Gilles Piel)

Des films apocalyptiques...

Dans la continuité des précédentes éditions, les sélections officielles présentent des films d’une provenance très variée : Chine, Croatie, Australie, Allemagne, Belgique... Et bien sûr France et Japon, deux grands producteurs de films d’animation. L’Hexagone est notamment représenté par Joann Sfar (Petit Vampire), Rémi Chayé (Calamity, Une enfance de Martha Jane Cannary) ou encore avec le duo Phuong Mai Nguyen et Charlotte Cambon, en compétition dans la catégorie films de télévision pour l’adaptation des Culottées de Pénélope Bagieu.

Un pays affirme sa présence avec deux films dans la sélection officielle longs-métrages et quatre en courts-métrages : la Russie. "Depuis quelques années, il y a une production de plus en plus variée et conséquente de l’animation russe", explique Marcel Jean. Historiquement, l’URSS était "un des grands foyers du cinéma d’animation". "On a l’impression que la Russie est en train d’atteindre son plein potentiel", se réjouit-il. "Il y a eu des longs-métrages russes à Annecy mais jamais dans un volume et une qualité égales à cette année. C’est de très bon augure".

\"Ginger\'s Tale\" de Konstantin SHCHEKIN, long-métrage russe de la sélection officielle du festival d\'Annecy 2020.
"Ginger's Tale" de Konstantin SHCHEKIN, long-métrage russe de la sélection officielle du festival d'Annecy 2020. (VVERH)

Autre caractéristique de cette cuvée 2020 : l’appétence des réalisateurs pour des sujets d’actualité comme le changement climatique, les migrations et le genre. Un intérêt particulier est porté au thème de l’apocalypse. "On sent une angoisse relative à l’avenir, présente chez beaucoup de créateurs et cela s’exprime avec un registre tragique ou parfois comique, voire loufoque", décrit Marcel Jean. Il prend l’exemple du film Familie Zilla macht Picknick de Christian Franz Schmidt, dans lequel une famille part faire un pique-nique dans une ville qu’elle finit par détruire, "mais tout cela sous la forme d’une comédie très drôle".

Un court-métrage a particulièrement tapé dans l’œil du cinéaste pour son caractère prémonitoire : Empty Places de Geoffroy de Crécy, montre des rues et des pièces désertées, comme si l’humanité venait de disparaître...Ou de se confiner. "Ce film a été conçu en 2019 et pourtant il est en synchronie parfaite avec la situation actuelle".

... et des grandes Leçons de Cinéma

L’actualité se retrouve également sur le programme des rencontres. Stéphane Hueber-Blies et Nicolas Blies, réalisateurs de Zero Impunity, présenteront une Leçon de Cinéma sur la "violence sexuelle en animation". "Zero Impunity, un hybride animation-documentaire qui parle des viols et agressions en zone de guerre, a été un moment marquant du festival 2019. Nous avons invité les frères Blies à revenir pour parler des questions éthiques et esthétiques qui se posent quand on représente la violence sexuelle et du choix qu’ils ont fait d’utiliser l’animation dans un contexte documentaire", présente Marcel Jean. 

Toujours dans le cadre des Leçons de cinéma, les festivaliers pourront assister à une conversation entre Henry Selick (L’Etrange Noël de Monsieur Jack, Coraline) et le compositeur Bruno Coulais (Les Choristes). Dean DeBlois, l’auteur-réalisateur de la trilogie Dragons, est également à l’affiche de ces "leçons". Le format Work in Progress permettra de découvrir les coulisses de la réalisation des Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Éléa Gobbé-Mevellec et du Sommet des Dieux de Patrick Imbert (Le Grand Méchant Renard et autres contes...). La catégorie Making of propose notamment une plongée dans l’univers du film d’animation en pâte à modeler Chicken Run ainsi que la découverte de la création du tube de La Reine des Neiges 2, Into the Unknown.

Clou du spectacle, la remise des trophées se tiendra le 19 juin pour les prix  "spéciaux" et le 20 juin pour les "officiels".