Tribune pour le climat à Cannes : "On a terriblement besoin d'imaginer un monde plus durable"

La tribune "Résister et créer" demande au monde du cinéma d'agir pour la protection du vivant et contre le dérèglement climatique. 

Radu Mihaileanu, Cyril Dion et Lucie Lucas, lors de la montée des marches au Festival de Cannes avant la projection de Sorry we missed you, le 16 mai 2019.
Radu Mihaileanu, Cyril Dion et Lucie Lucas, lors de la montée des marches au Festival de Cannes avant la projection de Sorry we missed you, le 16 mai 2019. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)
#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

En marge du festival de Cannes, 200 personnalités du cinéma présentent vendredi 17 mai une tribune intitulée "Résister et créer", sous la houlette de Cyril Dion, le coréalisateur du documentaire Demain, qui avait fait plus d'un million d'entrées au cinéma en 2015. Il a accompagné un groupe de jeunes engagés pour le climat, lors d'une montée des marches de Cannes, jeudi 16 mai à 22 heures, avant la projection du dernier film de Ken Loach, Sorry we missed you.

Leur tribune veut appeler le monde du cinéma à agir pour la protection du vivant et la lutte contre le dérèglement climatique. "On s'adresse aux professionnels du cinéma parce qu'on a terriblement besoin d'imaginer un monde plus durable", explique sur franceinfo, Magali Payen, la fondatrice de la campagne "On est prêt", à l'initiative de cette tribune.

franceinfo : En quoi est-ce au monde du cinéma de montrer l'exemple ?

Magali Payen : Aujourd'hui, on s'adresse aux professionnels du cinéma et particulièrement à ceux qui écrivent les films, qui les imaginent parce que, pour sortir de ce monde à l'origine du dérèglement climatique, on a terriblement besoin d'imaginer un monde plus durable, un monde dans lequel on laissera les fossiles dans le sable, comme le dit si bien Greta Thunberg. Et pour imaginer ce monde-là, on a besoin non seulement d'imaginer d'autres futurs possibles mais surtout de les rendre désirables. Aujourd'hui, personne d'autre que le cinéma n'a cette puissance pour fédérer autour d'imaginaires collectifs.

Les auteurs, les scénaristes, les réalisateurs ont le pouvoir de changer les mentalités à travers des films ?

Avec le cinéma aujourd'hui, on touche des millions de personnes. Lors de la première campagne, ça c'était passé sur les réseaux sociaux. On avait aussi touché des millions de personnes, plus particulièrement des jeunes. Mais là, via le cinéma, on a la possibilité d'aller beaucoup plus loin.

Pour que le monde du cinéma soit vraiment "vert", il faudrait qu'il pollue moins. Or, rien qu'à Los Angeles, l'industrie du cinéma produit 140 000 tonnes d'ozone et de particules diesel par an, selon une étude de l'université de Californie. Est-ce qu'on peut tourner des films "verts" ?

C'est pour ça qu'il y a des modes de production qui sont mis en place. En France, il y a un label qui s'appelle Ecoprod qui a justement pour vocation de diminuer au maximum l'empreinte carbone des films. Ce que je vous dirais c'est un peu aussi ce que dit Jean-Marc Jancovici [ingénieur, conférencier spécialiste de l'environnement] : quand il se déplace, il y réfléchit à deux fois avant de se déplacer et il se demande si l'impact de son message compensera l'impact de son déplacement.

Franceinfo est partenaire de la consultation "Agissons ensemble pour l'environnement" avec Make.org. Si vous souhaitez y participer, vous pouvez proposer vos idées et voter sur celle des autres participants dans le module ci-dessous.