Festival de Cannes 2023 : "Los Delincuentes", la liberté à tout prix, un film qui fait du bien signé Rodrigo Moreno

Le cinéaste argentin interroge le déterminisme social et les prisons mentales. Et offre une recette pour s’en libérer. "Los Delincuentes", un film argentin joyeux et enthousiaste.
Article rédigé par Mohamed Berkani
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Scène du film "Los Delincuentes" du cinéaste argentin  Rodrigo Moreno. (Arizona Distribution / JHR Films)

"Le film dure trois heures, moins qu’une certaine finale de football", s’amuse le réalisateur Rodrigo Moreno avant de lancer son film Los Delincuentes, un feel good movie, un film qui fait du bien, légèrement amoral, présenté à Un certain regard. Le message est passé, même pour les non footeux. Le réalisateur savoure son plaisir. Le film lui a pris cinq ans. "Alors, trois heures… ". Oui, trois heures ce n’est rien, le temps passe vite. Los Delincuentes est un conte moderne sur la liberté. Quel est le prix à payer ? Trois ans et demi, selon Roman qui a eu l’idée de voler sa propre banque, à Buenos Aires. C’était ça ou travailler pendant 25 ans chez le même employeur, occuper le même poste, répéter les mêmes gestes, jusqu’au bout de l’ennui. Or Román est usé par la monotonie. Román a des rêves, qui n’ont aucun lien avec sa profession.

Le prix de la liberté

Pour mener à bien son plan, Román a besoin de Morán, un collègue foncièrement honnête. Entre séduction et intimidation, Morán cède. Désormais, ils sont liés. Que faire de l’argent ? Morán, interprété par un Esteban Bigliardi inspiré, développe une répulsion physique : il ne peut pas laisser les liasses de billets chez lui. Il en devient malade. Un remake du Crime et châtiment ? Rodrigo Moreno préfère ouvrir d’autres horizons, explorer d’autres contrées. Ses personnages découvrent, presque malgré eux, la liberté. Ils cheminent, chacun de son côté, vers des rivages inconnus. Tous deux, maladroits, découvrent l’amour, le vrai. Ils avancent en terre inconnue, en laissant derrière eux une vie réglée comme un métronome.

Il est des prisons dépourvues de murs et de barreaux. Tout comme il y a des geôles qui ressemblent à des salles d’attente, en route pour une vie meilleure. Le réalisateur argentin questionne le déterminisme social et les prisons mentales. Et si le bonheur se trouvait en montagne, loin de la ville ? Et si l’injonction à posséder, humains et biens, n’était qu’illusion ? Qui sont réellement les délinquants ?

Rodrigo Moreno démontre, si besoin est, que le cinéma sud-américain est en plein renouveau, plus vivant que jamais. Los Delincuentes, un film résolument optimiste et enjoué.

Scène du film "Los Delincuentes" du cinéaste argentin  Rodrigo Moreno. (Arizona Distribution / JHR Films)

La fiche

Titre : Los Delincuentes

Réalisation : Rodrigo Moreno

Durée : 3 heures

Distribution : Daniel Elias, Esteban Bigliardi et Margarita Molfino

Synospis : Román et Morán, deux modestes employés de banque de Buenos Aires, sont piégés par la routine. Morán met en oeuvre un projet fou : voler au coffre une somme équivalente à leurs vies de salaires. Désormais délinquants, leurs destins sont liés. Au gré de leur cavale et des rencontres, chacun à sa manière emprunte une voie nouvelle vers la liberté.

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