Parlons culture ! La sélection de franceinfo pour le week-end

Séries, films, bandes dessinées, podcasts, spectacles, musique… Pour vous aider à vous y retrouver, franceinfo vous propose chaque semaine ses coups de cœur.

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"Fall Guys : Ultimate Knockout", le succès surprise de l'été chez les joueurs de jeux vidéo. (MEDIATONIC / DEVOLVER)

Tous les week-ends, retrouvez Parlons culture !, la sélection de quatre incontournables culturels du moment. Au menu cette semaine, un jeu vidéo ultra-ludique, une exposition qui rend hommage à l'un des plus grands acteurs comiques français, une série indispensable et un film documentaire qui dévoile un autre visage du rock britannique. Bonne découverte.

Le jeu vidéo dont on parle : "Fall Guys : Ultimate Knockout"

Après Fortnite, PUBG et des pelletées de mode "battle royale" ajoutés à des jeux de tir, un petit nouveau vient profiter de la dernière tendance du jeu vidéo en rafraîchissant le concept. On le rappelle, il s'agit de faire s'affronter plusieurs dizaines de candidats, qui doivent généralement s'entretuer, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un. Mais dans Fall Guys : Ultimate Knockout, pas question de "shooter" qui que ce soit. Ici, pour gagner, il faut se qualifier durant cinq défis proposés aléatoirement. Lancé sur un terrain de jeu aussi chaotique que coloré, vous et votre avatar devrez lutter pour être parmi les premiers à remporter des courses d'obstacles, faire marcher votre mémoire ou vos réflexes pour ne pas tomber dans le vide ou encore à réussir des petits défis par équipe. A vous de vous démarquer parmi les 59 autres concurrents que vous allez devoir éliminer, au fur à mesure.

Avouons-le d'emblée, sur le papier, Fall Guys : Ultimate Knockout a tous les atouts pour être le jeu de l'été parfait. Moitié jeu de plateforme ultra-kawaii (mignon), moitié compétition façon "battle royale", il réunit tous les ingrédients du divertissement. D'autant que vous avez la possibilité d'affronter en ligne vos amis, et que regarder des parties est presque aussi drôle qu'y jouer. Seule ombre au tableau, victime de son succès depuis son lancement le 4 août dernier, les serveurs du jeu sont régulièrement en rade et le manque de diversité des défis se fait vite ressentir. Mais gageons que les développeurs de Mediatonic régleront rapidement ces problèmes. Bonne nouvelle pour tous les abonnés au service Playstation Plus, le jeu est téléchargeable gratuitement jusqu'à la fin du mois d'août.

Fall Guys : Ultimate Knockout, disponible sur PS4 et PC via Steam.

L'exposition dont on va parler : "Louis de Funès"

Louis de Funès dans La Folie des grandeurs de Gérard Oury en 1971. (GAUMONT)

On ne pourra plus lui reprocher de snober le cinéma populaire. En consacrant sa dernière exposition à Louis de Funès, la Cinémathèque consacre pour la première fois un acteur. Et pas n'importe lequel. Un de ceux les plus boudés par la critique, mais surtout l'un des plus drôles. Pour les fans, c'est l'occasion de découvrir pour la première fois quelques-unes des pièces emblématiques aperçues dans les 140 films dans lesquels il a tournés. Le costume de la Denrée dans La Soupe aux choux, celui de Rabbi Jacob, la DS de Fantomas, mais aussi des dizaines d'affiches, décors et objets en tout genre reconstituant ainsi toute une époque que beaucoup de jeunes admirateurs de Louis de Funès n'ont pas connue.

Les plus cinéphiles, eux, se réjouiront de découvrir des archives étonnantes, comme cette lettre de François Truffaut adressée au réalisateur Gérard Oury. L'ancien critique des Cahiers du Cinéma y confesse, tout en retenue, avoir "beaucoup aimé 'Le Corniaud'", l'un des cinq films que De Funès a tournés sous la direction du réalisateur. Cette exposition est d'autant plus exceptionnelle qu'elle s'accompagne d'une rétrospective des films de l'acteur. Ils seront quarante à être projeté d'ici au 8 novembre, des plus connus comme L'Aile ou la cuisse aux œuvres plus confidentielles, comme Les Bons Vivants, un film à sketchs de Georges Lautner. Un programme dont le point d'orgue sera probablement la projection de La Folie des grandeurs, film culte signé Gérard Oury que viendra présenter à l'automne sa fille, l'actrice et réalisatrice Danièle Thompson. Immanquable.

L'exposition Louis de Funès se tient à la Cinémathèque française, à Paris, jusqu'au 31 mai 2021.

La série dont on a parlé (mais ça vaut le coup d'en reparler) : "Mrs America"

Mrs America, c'est l'histoire de Phyllis Schlafly, grande figure du conservatisme américain, dont le plus célèbre fait d'arme est d'avoir, au début des années 1970, milité et empêché la ratification de l'ERA (Equal Rights Amendment), un amendement visant à garantir l'égalité entre les hommes et les femmes dans la Constitution des Etats-Unis. Durant son combat, Phyllis Schlafly s'est opposée farouchement aux féministes de l'époque. Gloria Steinem en tête, mais également Shirley Chisholm, la première afro-américaine à avoir été élue au Congrès, ou encore Bella Abzug, qui fut parmi les pionnières à revendiquer d'autres ambitions pour les femmes.

Plus que le portrait de celle que Donald Trump a glorifiée à sa mort en 2016, Mrs America est le portrait d'une époque bouillonnante à travers des destins de femmes courageuses et engagées. Emmené par l'actrice australienne multi-oscarisée Cate Blanchett, impeccable dans ce rôle de femme empêtrée dans ses contradictions, le casting, très réussi, offre également de très jolis rôles à Rose Byrne (révélée dans Damages), Margo Martindale (The Americans), Sarah Paulson (American Horror Story), Uzo Aduba (Orange is the New Black) ou encore Elizabeth Banks (30 Rock). Une série qui, même si elle relate des faits qui se sont déroulés il y a plus de 40 ans, paraît résolument d'actualité alors que de nombreux Etats américains font aujourd'hui marche arrière en dénonçant le droit des femmes à pratiquer l'avortement.

Mrs America, diffusée à partir du lundi 10 août sur Canal+. L'intégralité de la série (9 épisodes) est déjà disponible sur myCanal.

Le documentaire dont on ne parle pas assez (et c'est dommage) : "White Riot"

On a tendance à l'oublier, mais au milieu des années 1970, quelques rockstars britanniques ont franchi allègrement la ligne jaune. Tandis que David Bowie déclarait que l'Angleterre était "prête à accueillir le fascisme", Eric Clapton s'enflammait pour le suprémaciste blanc Enoch Powell et Rod Stewart appelait à "renvoyer chez eux" les immigrés. C'est dans ce contexte particulier, favorable au nationalisme, qu'est né le mouvement Rock Against Racism. Emmené par les meilleurs groupes des scènes punk et reggae, ce mouvement fera barrage au British National Party (l'extrême droite britannique) et fédérera une grand partie de la jeunesse du pays.

C'est cette histoire que retrace la réalisatrice Rubika Shah dans le documentaire White Riot. Multipliant les documents et les images d'archives, remarquablement mis en scène en jouant avec l'imagerie du fanzine qui a lancé le mouvement, White Riot montre le pouvoir de la mobilisation sociale et rappelle le rôle joué par de grands groupes de punk rock comme The Clash dans la lutte contre les extrêmes et la montée de la xénophobie outre-Manche. 

White Riot de Rubika Shah, sorti en salles le 5 août 2020.

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