Festival Ciné-Palestine : une mission de préservation de la mémoire culturelle palestinienne

La dixième édition du festival, qui s'ouvre jeudi à Marseille avant de passer par Paris et Ivry-sur-Seine, met à l'honneur des archives perdues de réalisateurs palestiniens documentant le conflit persistant au Moyen-Orient.
Article rédigé par franceinfo Culture avec AFP
France Télévisions - Rédaction Culture
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Temps de lecture : 2 min
Le film "Bye Bye Tibériade" de Lina Soualem est programmé le 10 juin 2024 à Fontenay-sous-Bois dans le cadre du festival Ciné-Palestine. (COLLECTION LINA SOUALEM)

Dédié au patrimoine culturel palestinien, le dixième festival Ciné-Palestine débute jeudi 30 mai à Marseille avant de se poursuivre le 7 juin à Paris, puis de faire des escales en région parisienne : Fontenay-sous-Bois, Gennevilliers, Saint-Denis, Montreuil et enfin Ivry-sur-Seine le 16 juin, jour de la clôture. Il met à l'honneur des archives perdues de réalisateurs palestiniens documentant le conflit persistant au Moyen-Orient.

Si aucun des 45 films sélectionnés n'a été réalisé après l'attaque du Hamas du 7 octobre ayant engendré une riposte intensive de l'armée israélienne dans la bande de Gaza, le festival Ciné-Palestine résonne toutefois avec l'actualité en dénonçant les conditions de vie précaires des Gazaouis depuis des décennies.

"La mémoire et la lutte en interaction"


"On se plonge dans les archives mais l'idée n'est pas de détourner les yeux de la bande de Gaza", a expliqué Morgane Ahmar, co-organisatrice de l'événement, à l'AFP, en parlant d'un "génocide en cours". "La mémoire et la lutte sont en interaction, l'idée étant de montrer la perpétuelle résistance palestinienne."

Plusieurs des courts et longs-métrages diffusés avaient disparu durant un long moment après l'invasion israélienne du Liban en 1982, de nombreux films palestiniens étant alors stockés à Beyrouth. Ils ont été récupérés récemment aux quatre coins du monde, par plusieurs archivistes, et certains ont nécessité un important travail de restauration et de sous-titrage.



D'autres productions, plus récentes, se basent sur des archives familiales comme Bye Bye Tibériade, documentaire de Lina Soualem (2023) où, à travers le récit de trois générations de femmes, filtre la douleur de l'exil lié au départ forcé des territoires palestiniens.

Priorité aux "films faits par des Palestiniens"

Certains films mêlent le comique et l'intime, comme Le retour d'Aida de la réalisatrice palestino-libanaise Carol Mansour, un documentaire de 2023 dans lequel elle entreprend de faire revenir les cendres de sa mère à Jaffa, partie sud de Tel-Aviv en Israël. "Nous avons priorisé des films faits par des Palestiniens, avec l'idée qu'ils puissent se réapproprier leurs propres récits. Qu'ils ne soient pas toujours vus comme des combattants", poursuit Morgane Ahmar.

L'une des exceptions, Voyage à Gaza (2024), le documentaire réalisé par l'Italien Piero Usberti, critique, quant à lui, la chape de plomb infligée aux Gazaouis par le régime islamiste du Hamas, classé organisation terroriste par Israël, l'Union européenne et les États-Unis notamment. Ce film souligne aussi les difficultés quotidiennes liées à l'embargo imposé par Israël.

Plusieurs soirées seront dédiées à la jeunesse dans l'enclave palestinienne. "Nous ne voulions pas montrer seulement la souffrance et la douleur mais aussi la joie et l'humour que l'on peut rencontrer au quotidien, notamment les enfants. Car paradoxalement, l'humour transparaît souvent dans ces productions", raconte Mathilde Guitton-Marcon, co-organisatrice du festival.

> La programmation du festival Ciné-Palestine

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