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Vidéo Procureurs ou avocats, quatre personnalités du cinéma jugent Depardieu

Ils sont comédiens ou réalisateurs, et l'exil fiscal du célèbre acteur en Belgique ne les laisse pas indifférents.

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France Télévisions
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  (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

La polémique dure depuis bientôt dix jours et ne semble pas près de prendre fin. L'exil fiscal de Gérard Depardieu en Belgique déchaîne les passions. La controverse gagne même le monde du cinéma. Acteurs ou réalisateurs, des figures emblématiques prennent position. Certains défendent le comédien, d'autres l'accablent. L'affaire vire au procès.

Torreton : l'accusateur public

C'est la dernière accusation en date. Philippe Torreton a signé une tribune à charge dans le quotidien Libération, mardi 18 décembre. Le comédien s'adresse directement à la star : "Le problème, Gérard, c'est que tes sorties de route vont toujours dans le même fossé : celui du 'je pense qu'à ma gueule'". Citant Cyrano de Bergerac, l'ex-sociétaire de la Comédie-Française interpelle Gérard Depardieu : "On n'abdique pas l'honneur d'être une cible." Il s'étonne que l'acteur du gouailleur Les valseuses ait pris "la mouche pour un petit mot" le "minable" du Premier ministre. "On va se démerder sans toi pour (...) faire des films et monter des spectacles grâce à des subventions obtenues en prélevant l'impôt", lance-t-il. Et de conclure, définitif : "Adieu."

Philippe Torreton sur le plateau de l'émission "Vivement Dimanche", le 31 août 2012 sur France 2. ( MAXPPP)

Lelouch : l'avocat de la défense

Claude Lelouch a dénoncé un "lynchage honteux", un "déchaînement", "tout à fait anormal", lundi 17 décembre au micro d'Europe 1. Le réalisateur défend "un homme qui est tout sauf minable""qui s'est toujours engagé" et qui, en quittant la France, "fait preuve de courage", prenant même "un risque énorme avec son capital principal, qui est son public". Le cinéaste concède que ce départ "peut être considéré comme une insulte à la misère", mais assure que Gérard Depardieu, qui "aime la vie", donc "forcément la France", va "très vite revenir".

Europe 1

Debbouze : le témoin compréhensif

Jamel Debbouze, qui a joué aux côtés de Gérard Depardieu dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, a plaidé, avec humour, en faveur de l'interprète du Gaulois légèrement enrobé, dimanche 16 décembre sur TF1. "Il ne faut pas énerver Obélix, prévient-il. C'est une mauvaise idée." Et il rappelle que Gérard Depardieu "est libre de faire ce qu'il veut". Quant à ce qu'il désigne comme "l'insulte" de Jean-Marc Ayrault, il comprend que l'acteur "l'ait mal prise". L'humoriste estime enfin que la polémique "prend trop de place".

TF1

Mocky : le partisan du non-lieu

"On fait un grand cas de cette affaire", affirme Jean-Pierre Mocky. Le réalisateur souligne que Gérard Depardieu "n'est pas le premier à partir""Il y a des gens beaucoup plus importants que lui qui l'ont fait avant", a-t-il rappelé, lundi 17 décembre, sur France 2, mentionnant le cas de Johnny Hallyday. "Si j'avais beaucoup d'argent, je ferai peut-être pareil, sans considérer que je ne suis plus Français", a-t-il reconnu, avant de trancher, catégorique : "Ça me paraît être un procès complètement idiot".

France 2

Gérard Depardieu sera également bientôt jugé par son public. Verdict le 26 décembre avec la sortie de L'homme qui rit, un film tiré du roman de Victor Hugo, dans lequel il campe un forain accueillant dans sa modeste roulotte deux orphelins rejetés par tous. Le sujet est on ne peut plus d'actualité : l'incompatibilité de deux mondes, celui des riches et celui des pauvres.

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