Décès de Jean-Pierre Bacri : “On a perdu lourd, on a perdu très gros”, déplore Richard Berry

"Je pense qu'il gardera sa place et qu'on reverra ses films pendant longtemps", a confié sur franceinfo l'acteur Richard Berry.

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Richard Berry et Jean-Pierre Bacri sur le tournage du film "La-Baule-les-Pins", réalisé par Diane Kurys en 1990. (JEAN PIERRE FIZET / COLLECTION CHRISTOPHEL VIA AFP)

L'acteur Richard Berry se souvient de Jean-Pierre Bacri, mort lundi 18 janvier à 69 ans, comme "l’un des acteurs avec lequel" il a "le plus ri", soulignant "un talent gigantesque, si bien commun comme acteur que comme auteur". "On a perdu lourd, on a perdu très gros", déplore Richard Berry.

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franceinfo : Quels souvenirs vous gardez de Jean-Pierre Bacri ?

Richard Berry : D'abord, des souvenirs de nos débuts, on a démarré ensemble dans Le Grand Pardon d'Alexandre Arcady. Après, on s'est retrouvé deux ou trois fois dans Le Grand Carnaval, puis dans La-Baule-les-Pins, où on a beaucoup, beaucoup ri. C'est ça, le souvenir aussi que j'ai de Jean-Pierre. C'est peut-être un des acteurs avec lequel j'ai le plus ri. C'était un type qui avait un humour et une humilité merveilleuse. Et puis un talent gigantesque, si bien commun comme acteur que comme auteur. C'était un type d'une tendresse infinie. On a perdu lourd là, on a perdu très gros.

Tout le monde parle beaucoup de ses râleries, du fait qu'il était ronchon, mais au contraire, c'est justement très drôle ?

Oui, c'était de l'humour, il ne râlait pas, il disait ce qu'il pensait, ce n'est pas très courant dans notre métier. Les gens dans ce métier ont peur de tout, ils ont peur de leur ombre. Lui disait ce qu’il pensait, alors parfois ça dérangeait, mais c'était toujours bienveillant, c'était toujours vrai, toujours très honnête.

C'est quelqu'un qui ne faisait pas de concessions, ni avec son travail, ni avec les gens. Et quand il aimait, il aimait, quand il n'aimait pas, il n'aimait pas.

Richard Berry

à franceinfo

Mais en tous les cas, c'était toujours drôle, il n'y avait jamais de méchanceté et de gravité, et pourtant, c'était quelqu'un de profond. Mais il était toujours dans cette espèce de distance d'humour et je garde ce souvenir-là de lui, celle d’un immense auteur, parce qu'il a écrit des pièces absolument formidables. Il a coscénarisé des scénarios magnifiques avec Agnès Jaoui, c'était un immense talent.

Il avait, tout comme vous, une appétence particulière pour le théâtre ?

Oui, il a gardé tout au long de sa vie, c'est notre formation. Il m'avait d'ailleurs proposé au tout début de jouer dans Cuisine et dépendance, sauf qu'à ce moment-là, je ne pouvais pas, mais je l'aurais fait volontiers. Je l'avais d'ailleurs aiguillé chez le directeur du théâtre à cette époque-là, qui était Pierre-Franck. C’était un homme de théâtre, un acteur, un auteur de théâtre. Et moi, j’estime que c'est ça qui fait aussi le grand talent, varié, complet, et riche du parcours qu'il a pu faire tout au long de sa carrière. Il gardera une place très importante puisque-il a écrit énormément et qu'il a fait des films qui ont marqué énormément, pléthore de films remarquables dans lesquels ils avaient été extraordinaires. Je pense qu'il gardera sa place et qu'on reverra ses films pendant longtemps.

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