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Clip d'Indochine censuré : le réalisateur Xavier Dolan répond au CSA

Dans une lettre ouverte à Françoise Laborde, le cinéaste québécois défend la vidéo du single "College Boy".

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France Télévisions
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Capture d'écran du clip de "College Boy", d'Indochine, mis en ligne jeudi 2 mai 2013 par LeParisien.fr. (INDOCHINE / LE PARISIEN )

Le clip du single College Boy continue de faire parler de lui. Sortie le 2 mai, la vidéo, qui montre l'agression puis le meurtre d'un collégien, avait suscité l'indignation de Françoise Laborde, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), favorable à son interdiction "aux moins de 16 ans et peut-être aux moins de 18 ans"

Dans une lettre ouverte publiée sur le Huffington Post.fr mardi 7 avril, le réalisateur québécois Xavier Dolan a défendu l'aspect pédagogique de son œuvre. "(...) Censurer mon travail parce qu'il est violent fait montre d'une grande incompréhension de l'essence du vidéoclip, dont votre lecture se limite aux surfaces, commence l'artiste. Mais plus largement de votre incompréhension du contexte social dans lequel vous œuvrez, et de l'incompatibilité de votre démarche avec cet espace-temps."

"Une œuvre à la fois réaliste et poétique"

Accusé d'avoir voulu exploiter la violence, voire de la banaliser, Xavier Dolan assure avoir travaillé dans l'optique "de fournir à la jeunesse une œuvre à la fois réaliste et poétique, et qui puisse illustrer de manière graphique la brutalité dont ils sont à tour à tour les dépositaires, instigateurs, ou témoins", poursuit le réalisateur des Amours imaginaires.  

Ainsi, "vouloir (...) priver [les plus jeunes] de notre message est comme interdire à cette même jeunesse un documentaire sur le taux de suicide chez les mineurs."

Une décision anachronique ? 

A l'heure d'internet, il met en cause la pertinence d'une éventuelle censure du CSA : "Le vidéoclip est numéro un des ventes sur iTunes dans sa catégorie, et il a été jeudi dernier le numéro un des tweetos sur les twittosphères françaises et québécoises pendant plusieurs heures consécutives (...)", écrit-il. Cela constitue "un témoignage incontestable de la discussion qu'il suscite", estime le cinéaste. 

Enfin, il dénonce à son tour la violence de la société et revient sur deux exemples d'actualité : "La violence à laquelle les jeunes sont exposés en regardant mon clip n'est pas plus grande que la violence à laquelle ils sont exposés lorsqu'ils regardent les nouvelles françaises où des familles s'en prennent physiquement à des couples homosexuels manifestant pacifiquement, ou des nouvelles américaines où un enfant de 5 ans tue sa sœur avec une arme à feu (...)."

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