Clermont-Ferrand : La tragédie du Mans en 1955 en court-métrage d'animation

A Clermont-Ferrand, le Festival International du Court-Métrage fait chaque année la part belle à l'animation. Elle couvre bien des styles et, depuis bien longtemps, ne s'adresse plus aux seuls enfants. Avec l'édition 2019, le genre permet notamment de revenir mieux qu'avec un documentaire sur un épisode tragique de l’histoire de la course automobile : l'accident des 24 heures du Mans en 1955.

Le drame de 1955 au Mans
Le drame de 1955 au Mans (capture d'écran du film "Le Mans 1955")
L'animation constitue une part importante des courts-métrages. Le festival de Clermont-Ferrand y consacre donc logiquement une large fraction de sa programmation. L'édition 2019 confirme le paradoxe qui veut que le court est devenu grand. Son propos ne s'adresse plus aux seuls enfants et le film court (moins d'une heure de projection) multiplie les approches et les techniques. 
Le style Disney n'est plus depuis longtemps l'étalon sytilistique et la création va du réalisme le plus délibéré aux recherches contemporaines les plus pointues.

Moi, je suis de la génération des mangas et très vite on se rend compte que c'est aussi des contenus pour adultes. Bien sûr qu'on peut tout raconter en animation, voire plus, c'est à dire qu'il n'y a pas de limite dans l'animation.

Hubert Charuel
Réalisateur et membre du jury national du festival de Clermont-Ferrand  

Une seule limite : l'imagination

Du dessin à la peinture, de la pixillation (acteur ou objets filmés en photographiant image par image, le mouvement étant reconstitué par leur projection en continu) à la marionnette animée, le dessin à partir du sable, l'utilisation de lettres pour former des images... la seule limite reste l'imagination de l'artiste. Comme le montrent bien les films proposés à Clermont-Ferrand, l'animation permet d'exprimer des sensations ou des sentiments avec plus de nuance. Du dessin animé à l'oeuvre d'art contemporain, on peut tout imaginer.
 

Je me suis rendu compte que (l'animation) me permet d'avoir une certaine distance par rapport au sujet, de rester respectueux de ce qui se passait, parce que je parle quand même de personnes qui ont réellement existé et aussi d 'une vraie tragédie...


Quentin Bailleux, réalisateur de "Le Mans 1955"


Reportage : France 3 Auvergne : R. Beaune / V. Mathieu / C. Fallas / L. Pastural / C. Munro / S. Bonnetot



Le Mans 1955

Le sujet du film de Quentin Bailleux, "Le Mans 1955" est l'accident terrible qui endeuilla la 23e édition de cette épreuve prestigieuse. Une Mercédès Benz 300 SLR était accidentée devant les tribunes. Son moteur et plusieurs autres débris ont atterri dans le public, tuant 81 personnes et en blessant 120 autres. Le pilote, le Français Pierre Levegh est tué sur le coup. Une description précise de cet accident et de ses conséquence est résumée sur cette page Wikipédia et les images, terribles, figurent sur cette archive de l'INA. Très graphique, le court métrage d'animation de Quentin Bailleux porte un regard à la fois documentaire et artistique sur cette tragédie, respectant à  la réalité historique autant que le souvenir des victimes.

Ateliers pratiques

A Clermont-Ferrand, l'équipe du festival regarde vers l'avenir. Des ateliers pratiques sont ainsi proposés aux enfants qui peuvent, avec des moyens simples, réaliser leur propre court métrage d'animation. Une démarche qui entre dans un cadre bien plus large de travail au fil de l'année avec les établissements scolaires et universitaires de la région. Elèves, mais aussi professeurs sont ainsi sensibilisés au cinéma et particulièrement au court-Métrage.