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Marlène Schiappa s'interroge sur "le message que l'Académie des César souhaite envoyer aux femmes" après les 12 nominations de Polanski

"Manifestement le monde du cinéma français n'a pas terminé sa révolution en ce qui concerne les violences sexistes et sexuelles", a estimé la secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes, invitée de RTL.

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France Télévisions
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La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, lors d'un meeting de campagne de Benjamin Griveaux à Paris, le 27 janvier 2020. (MARTIN BUREAU / AFP)

Marlène Schiappa s'est agacée, mercredi 29 janvier sur RTL, de voir le dernier film de Roman Polanski arriver en tête des nominations pour les César 2020. J'accuse est en lice pour douze prix, notamment dans les catégories reines du meilleur film et du meilleur réalisateur. "Manifestement le monde du cinéma français n'a pas terminé sa révolution en ce qui concerne les violences sexistes et sexuelles", a estimé la secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes.

Roman Polanski est poursuivi aux Etats-Unis depuis 1977, pour avoir violé Samantha Gailey alors qu'elle était âgée de 13 ans. Ces dernières années se sont ajoutés les témoignages, parfois anonymes, de onze autres femmes.

Schiappa dénonce "des signaux contradictoires"

"Il y a deux ans encore, j'étais à la cérémonie des César et elle était placée sous l'égide de #Metoo avec une célébration de la valorisation des femmes, de leur parole, de leur liberté dans le monde du cinéma. Quel est là le message que l'Académie des César souhaite envoyer aux femmes ?", a insisté Marlène Schiappa.

On nous dit tout le temps : 'il faut séparer l'homme de l'oeuvre'. Fort bien, mais là (...) c'est à l'homme qu'on propose de remettre une récompense, c'est lui qui est également nommé.

Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes

à RTL

"Il y a là des signaux contradictoires", a-t-elle ajouté. Elle a souligné que le film de Céline Sciamma, Portrait de la jeune fille en feu, portait au contraire "un message de soutien aux droits des femmes" et "célèbre la liberté des femmes".

"#Metoo a commencé par le cinéma"

"On nous dit parfois 'vous allez briser les carrières des hommes en parlant des violences sexuelles qu'ils ont commises', manifestement cela ne brise pas du tout la carrière, en tout cas de cet homme, a tancé Marlène Schiappa. C'est plutôt pour les femmes qui parlent que ça ferme des portes."

Interrogée sur la position du président de l'Académie Alain Terzian, qui a affirmé que les César n'étaient "pas une instance qui doit avoir des positions morales", la ministre a rétorqué : "Il ne s'agit pas de morale (...), je ne fais pas de morale je fais du droit". "Je crois qu'on ne respecte pas les femmes et notamment les femmes qui parlent des violences sexuelles qu'elles ont vécu, a-t-elle encore ajouté. #Metoo, cela a commencé par le cinéma, il ne faudrait pas que, par le cinéma, il y ait un recul pour les femmes."

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