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Roschdy Zem, César du meilleur acteur : itinéraire d'un comédien devenu incontournable

Son parcours a été jalonné de plus de 80 films, mêlant cinéma d'auteur et populaire.

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France Télévisions Rédaction Culture
Publié
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Roschdy Zem reçoit le César du meilleur acteur le 28 février 2020.  (BERTRAND GUAY / AFP)

C'est une figure discrète mais incontournable du 7e art français. Récompensé par un César du meilleur acteur pour Roubaix, une lumière, Roschdy Zem est un commédien brut à la force tranquille, dont le parcours a été jalonné de plus de 80 films, mêlant cinéma d'auteur et populaire.

Nommé trois fois aux César dans la catégorie meilleur second rôle (pour Ma petite entreprise, Le Petit lieutenant et La Fille de Monaco), une fois pour le meilleur premier film (Mauvaise foi) et une fois pour la meilleure adaptation (Omar m'a tuer), il n'avait jamais été récompensé jusqu'à vendredi.

"Il a une précision de jeu chirurgicale"

Dans le polar sombre d'Arnaud Desplechin, Roubaix, une lumière, l'acteur franco-marocain de 54 ans incarne un commissaire charismatique et sensible, plein d'humanité, à contre-pied des personnages classiques de policiers.  Un rôle qui lui avait déjà permis de décrocher en janvier le Prix Lumière du meilleur acteur, décerné par la presse internationale en France.

"C'était le rôle parfait pour lui", confiait à l'AFP Arnaud Desplechin, qui voit en lui "un seigneur" qu'il a "vu grandir de film en film", un homme "très pudique".

Lino Ventura a une pudeur qui me bouleverse. Je trouvais que Roschdy avait cette pudeur. Et en le filmant, je me suis dit que ce n'était pas du tout Ventura, c'était Trintignant, parce qu'il a une précision de jeu chirurgicale.

Arnaud Desplechin

Des puces au grand écran 

L'acteur, qui s'est illustré l'an dernier aussi par son rôle de président de la République aux faux airs de Barack Obama, dans la série Les Sauvages de Rebecca Zlotowski, s'est imposé tout au long d'une carrière où il a joué des hommes virils, avec de nombreux rôles de flics dans des polars français, mais aussi des personnages complexes, d'hommes mutiques ou écorchés, révélant sa fragilité.

Rien ne le prédisposait pour autant au cinéma. Né le 28 septembre 1965 de parents d'origine marocaine vivant dans un bidonville, qui le placent en famille d'accueil en Belgique jusqu'à ses 5 ans avant de s'installer à Drancy, Roschdy Zem devient d'abord vendeur de chaussures aux puces de Clignancourt. Il découvre le théâtre seulement à 20 ans, en accompagnant une amie à un cours. Il commence alors à faire des castings et débute au cinéma dans Les Keufs de Josiane Balasko, avant J'embrasse pas d'André Téchiné, avec qui il travaillera à nouveau dans Ma saison préférée et Alice et Martin.

Il multiplie ensuite les rôles dans le cinéma d'auteur, se faisant vraiment connaître en veilleur de nuit dans En avoir ou pas de Laetitia Masson et surtout en toxicomane dans N'oublie pas que tu vas mourir de Xavier Beauvois L'acteur à la stature imposante et au visage buriné joue ensuite chez Dominique Cabrera (L'Autre côté de la mer), Patrice Chéreau (Ceux qui m'aiment prendront le train) ou Pierre Jolivet (Ma petite entreprise).

Acclamé dans "Indigènes"

Devenu populaire, on le voit au début des années 2000 dans des films grand public (Chouchou de Merzak Allouache, 36 Quai des Orfèvres d'Olivier Marchal) ou plus pointus (Va, vis et deviens de Radu Mihaileanu, Le Petit Lieutenant de Xavier Beauvois), avec des rôles variés.

L'année 2006 marque un tournant. Grâce à Indigènes de Rachid Bouchareb, sur les tirailleurs nord-africains pendant la Seconde Guerre mondiale, il remporte collectivement le prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes avec les autres acteurs du film. Il réalise également cette année-là son premier film comme cinéaste, Mauvaise foi, sur l'histoire d'amour entre une femme juive et un homme musulman.

Suivront Omar m'a tuer (2011), sur l'affaire Omar Raddad, Bodybuilder (2014), dans l'univers du culturisme, Chocolat (2016), sur le premier clown noir de France, et enfin le polar sombre Persona non grata l'an dernier. Il continue parallèlement sa carrière d'acteur, alliant cinéma d'auteur et populaire, de La Fille de Monaco (2008) d'Anne Fontaine au Jeu (2018) de Fred Cavayé. Actuellement à l'affiche de La Fille au bracelet de Stéphane Demoustier, il joue aussi au théâtre dans Trahisons d'Harold Pinter, mis en scène par Michel Fau.

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