Roman Polanski, président des César : un "choix surprenant et choquant", pour Laurence Rossignol, ministre des Droits des femmes

Roman Polanski présidera la cérémonie des César a annoncé l'Académie mercredi. La ministre des Droits des femmes a regretté ce choix, vendredi sur France Culture, rappelant que le réalisateur était poursuivi pour viol.

Roman Polanski, lors de la 8e édition de la Fête des Lumières à Lyon, le 14 octobre 2016.
Roman Polanski, lors de la 8e édition de la Fête des Lumières à Lyon, le 14 octobre 2016. (NICOLAS LIPONNE/WOSTOK PRESS / MAXPPP)

La ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a estimé vendredi 20 janvier dans la matinée au micro de nos confrères de France Culture que le choix de Roman Polanski pour présider la 42e cérémonie des César était "surprenant et choquant" et que cela s'inscrivait dans la "culture du viol dans laquelle nous évoluons."

"C'est un choix qui témoigne de la part de ceux qui ont décidé de le nommer président des César d'une indifférence à l'égard des faits qui lui sont reprochés", s'est indigné Laurence Rossignol avant d'ajouter : "En fait, ce n'est pas grave, pour les organisateurs, que Roman Polanski soit poursuivi aux Etats-Unis"  pour le viol d'une enfant de 13 ans.

Poursuivi depuis 1977

Roman Polanski, qui a la double nationalité franco-polonaise, est poursuivi depuis quarante ans par la justice américaine pour cette affaire de viol présumé sur une mineure commis en 1977. La cour suprême polonaise a rejeté en décembre dernier la procédure d'extradition contre réalisateur vers les États-Unis.

La ministre a expliqué qu'elle trouvait "surprenant et choquant que l'histoire d'un viol dans la vie d'un homme ne pèse pas au moment où on choisit de le mettre sur scène pour toute une soirée". En revanche, Laurence Rossignol n'a pas souhaité commenter l'absence de réaction de la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, qui "n'a pas de pouvoir de tutelle sur les César".