Les quatre moments forts de la soirée des Golden Globes, marquée par la dénonciation des violences sexuelles

Les Golden Globes ont célébré dimanche la fin de l'ère Weinstein, avec des œuvres mettant en scène des personnages féminins forts sacrées dans toutes les catégories.

Oprah Winfrey lors de son discours d\'acceptation du prix Cecil B. DeMille à la 75e cérémonie des Golden Globes, le 7 janvier 2018. 
Oprah Winfrey lors de son discours d'acceptation du prix Cecil B. DeMille à la 75e cérémonie des Golden Globes, le 7 janvier 2018.  (PAUL DRINKWATER / SIPA / AP)

Pour la première fois depuis l'éclatement de l'affaire Weinstein, le gratin du cinéma américain s'est trouvé rassemblé, dimanche 7 janvier, pour la cérémonie des Golden Globes, à Beverly Hills (Californie). Harvey Weinstein, qui a régné sur Hollywood pendant des décennies, a été accusé par plus de 100 femmes de harcèlement, agressions sexuelles ou viols à la suite des révélations du New York Times et du New Yorker en octobre dernier. Franceinfo revient sur les moments forts de cette cérémonie qui a célébré la lutte contre les violences sexuelles et les inégalités salariales. 

Des invités vêtus de noir 

Le ton a été donné dès l'arrivée sur le tapis rouge des actrices qui, dans leur immense majorité, avaient troqué leurs habituelles robes colorées pour des tenues noires en signe de solidarité avec les victimes de harcèlement sexuel. Elles ont ainsi affiché leur soutien à la campagne Time's Up, fondée par de grands noms féminins d'Hollywood comme Natalie Portman et Jessica Chastain pour financer la défense de victimes d'abus sexuels au travail. Des acteurs, tels que Justin Timberlake et Ricky Martin, ont également montré leur solidarité avec le mouvement en portant des chemises noires sous leurs smokings. 

Huit actrices ont également marché main dans la main avec des militantes féministes qu'elles avaient invitées pour l'occasion, a rapporté le New York Times

De leur côté, les comédiennes Debra Messing et Eva Longoria ont utilisé leurs interviews avec E! pour exprimer leur soutien à Catt Sadler, une ancienne présentatrice de E! qui avait quitté la chaîne en décembre car, selon elle, son collègue Jason Kennedy était payée deux fois plus qu'elle. "Nous soutenons l'équité de genre et l'égalité des salaires", a souligné Eva Longoria, citée par le New York Times

Le discours inaugural de Seth Meyers 

Il n'a fallu que quelques secondes à l'humoriste Seth Meyers, dans son discours inaugural, pour prononcer les mots "harcèlement sexuel" et seulement quatre minutes pour citer le nom d'Harvey Weinstein. Pas question d'éviter le sujet. L'abcès, après tout, avait déjà été crevé par les témoignages de centaines de femmes. Seth Meyers a tout de suite souligné les changements apportés par l'affaire Weinstein. "Il y a une nouvelle ère qui a été enclenchée, et je suis bien placé pour le dire, parce que cela doit faire des années qu'un homme blanc n'a pas été si nerveux à Hollywood", a-t-il affirmé. Un exercice d'équilibriste salué par les éclats de rire de l'assemblée. 

Les mots poignants d'Oprah Winfrey 

La productrice, présentatrice et actrice vedette Oprah Winfrey a reçu le prix Cecil B. DeMille pour sa carrière, et son discours d'acceptation du prix a été l'un des moments forts de la soirée. 

"Dire notre vérité est l'outil le plus puissant que nous ayons. Je suis particulièrement fière et inspirée par toutes les femmes qui se sont senties suffisamment fortes pour élever la voix et partager leurs histoires personnelles", a déclaré cette personnalité adorée des Américains. "Depuis trop longtemps, les femmes n'ont pas été entendues ou crues si elles osaient dire la vérité face au pouvoir de ces hommes. Mais c'est fini pour eux ! C'est fini pour eux !" a-t-elle ajouté. Son discours a reçu une ovation debout des invités et a déclenché des larmes parmi les actrices dans la salle de bal du Beverly Hilton.

Oprah Winfrey, femme parmi les plus puissantes de l'industrie du film américaine, a également abordé le sujet du manque de diversité à Hollywood, en soulignant qu'elle était la première femme noire récompensée par le prix Cecil B. DeMille. Sidney Poitier avait été le premier homme afro-américain à le recevoir, en 1982. Dimanche, le palmarès était presque entièrement blanc, à l'exception de Sterling K. Brown pour This is Us et Aziz Ansari pour Master of None.

Des histoires de femmes fortes primées 

Le palmarès a fait la part belle aux films et séries mettant en scène des femmes. Ainsi, le prix du meilleur film dramatique a été attribué à 3 Billboards : les panneaux de la vengeance, l'histoire d'une mère qui demande justice après l'assassinat de sa fille. Son interprète principale, Frances McDormand, s'est dite heureuse de "participer au changement tectonique dans la structure de pouvoir de notre industrie". Le prix de la meilleure comédie a quant à lui été attribué à Lady Bird, une fable douce-amère sur une adolescente tourmentée, mise en scène par Greta Gerwig. Son interprète Saoirse Ronan est repartie avec la statuette de meilleure actrice dans la catégorie.

Du côté des séries télévisées, la mini-série Big Little Lies, qui met en lumière les violences conjugales, a triomphé avec les Globes de la meilleure minisérie et des prix pour ses interprètes Nicole Kidman en femme battue, Alexander Skarsgard, qui joue son mari violent, et Laura Dern en mère d'une petite fille harcelée en classe. La série La Servante écarlate, qui dépeint un monde apocalyptique où les Etats-Unis sont aux mains d'une secte fondamentaliste maintenant les femmes fertiles en esclavage, a remporté la statuette de meilleure série dramatique. Son actrice Elisabeth Moss a également été primée, et a dédié son Golden Globe à Margaret Atwood, auteure du roman dont est adapté la série"C'est pour vous et les femmes (...) suffisamment courageuses pour s'élever contre l'intolérance et l'injustice".