"Big Eyes" ou l'histoire d'une des plus grandes impostures de l'art

Le dernier film de Tim Burton sort ce mercredi. "Big Eyes" retrace l'histoire de la peintre Margaret Keane et de ses portraits aux gros yeux. Plaisant mais aussi un peu décevant, selon Florence Leroy, spécialiste cinéma de France Info.

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On le sait, depuis Ed Wood notamment, portrait mélancolique du plus mauvais réalisateur de tous les temps, Tim Burton a une affection toute particulière pour les artistes ratés et les marginaux du monde de l'art. Et le couple qu'il met en scène dans Big Eyes est un modèle du genre, avec un mari séducteur et mythoname, qui se rêve peintre d'exception, mais n'accédera à la reconnaissance qu'en s'attribuant les tableaux de sa très discrète épouse, Margaret Keane, peintre, inspirée, elle, de ces fameux Big Eyes , ces petits orphelins aux grands yeux écarquillés dont le succès commercial marqua l'Amérique des années 50.

Et de cette imposture, de ce vol d'identité, de cette usurpation artistique et conjuguale, Tim Burton tire une fresque qui débute avec une légéreté appréciable, aux couleurs kitschs de l'époque, mais qui,  étrangement, reste en surface, n'approche jamais vraiment des gouffres de folie et de frustrations qui, dans Ed Wood , semblaient si réels. Big Eyes ressemble à un film sur Tim Burton mais sans Tim Burton, un film sur ce qui l'obsède et l'inspire  mais sans sa folie, celle qu'il communiquait à un Ed Wood ou un Edward aux mains d'argent et qu'il semble depuis quelques temps peiner à retrouver. Cela donne un film souvent plaisant, mais forcément aussi un peu décevant.

Parmi les autres sorties de la semaine, signalons Le Président , le nouveau film du cinéaste iranien Mohsen Makhmalbaf à retrouver dans Info Culture sur France Info