"Un cow-boy dans le coton" : Lucky Luke confronté au racisme dans les plantations du sud des Etats-Unis

"Un cow-boy dans le coton" est la troisième collaboration entre le dessinateur Achdé et le scénariste Jul. Cette fois, le duo nous plonge dans le sud des Etats-Unis où le Ku Klux Klan dicte sa loi, à la fin du XIXe siècle.

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France Télévisions Rédaction Culture
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"Un cow-boy dans le coton", le nouveau Lucky Luke (Lucky Productions)

Avec Un cow-boy dans le coton, les auteurs Jul et Achdé ont décidé d’aborder le thème de l’esclavage. Une première, puisque jusque-là le héros de bande dessinée Lucky Luke n’avait traversé la Nouvelle-Orléans que le temps de cinq pages dans l’album En remontant le Mississippi, publié en… 1961.

Dans cette nouvelle histoire, Lucky Luke hérite d’une grande plantation de coton en Louisiane. Mais le cow-boy n’a aucune intention de s’installer comme propriétaire terrien, et il décide de redistribuer les terres aux fermiers noirs tout juste libérés de l’esclavage et qui travaillaient sur le domaine.

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Lucky Luke face au Ku Klux Klan 

Dans cette généreuse entreprise, Lucky Luke doit faire face au Ku Klux Klan et aux grands propriétaires blancs chez qui le racisme est encore bien ancré. Pour une fois, il peut compter sur l’aide des frères Dalton, mais aussi sur le soutien de Bass Reeves, premier Afro-Américain nommé marshal adjoint à l’ouest du Mississippi. Le personnage a réellement existé. C’est une tradition dans les albums de Lucky Luke de nous faire découvrir des visages souvent méconnus de l’histoire américaine.

"Un cow-boy dans le coton" (Lucky Productions)
Un cow-boy dans le coton est la troisième collaboration entre le dessinateur Achdé et le scénariste Jul, après La Terre Promise en 2016 qui évoquait l’émigration des juifs d’Europe de l’Est aux Etats-Unis, et Un cow-boy à Paris en 2018. 

Un sujet grave qui fait écho 

Depuis la création de Lucky Luke par Morris en 1946, les aventures du cow-boy solitaire ont souvent été l’occasion d’aborder des thèmes de société. Jessie James (1969) traitait de la lâcheté des foules ; Les Rivaux de Painful Gulch (1961) des vendettas familiales ; Le Pied Tendre (1967) de l’intégration. Mais cette fois, les auteurs s’attaquent à un sujet particulièrement difficile. Compliqué alors de trouver un équilibre entre la parodie de western à laquelle le lecteur, jeune et moins jeune, est habitué, et l’évocation du sort terrible des Afro-Américains dans le sud des Etats-Unis durant la deuxième moitié du XIXe siècle.

"Un cow-boy dans le coton" (Lucky Productions)

Les auteurs réussissent l’exercice en abandonnant certains gimmicks de la série qui pourraient donner l’impression que le sujet – grave – n’est qu’un prétexte à la rigolade : peu de caricatures de célébrités dont Morris et Goscinny raffolaient, par exemple. Mais les interventions bouffonnes des Dalton apportent quelques moments légers à cette histoire poignante. Les Dalton qui restent persuadés jusqu’à la fin de l’aventure que les Cajuns sont des Mexicains et que le Ku Klux Klan est une tribu indienne.

Un héros intemporel 

Un cow-boy dans le coton est le 81e album de Lucky Luke. Cela donnerait presque le vertige d’imaginer que le héros solitaire a déjà 74 ans, et qu’il est né dans un monde totalement différent du nôtre, la France de l’après-guerre. Pourtant, Jul et Achdé nous montrent que Lucky Luke est intemporel.

Le nouveau Lucky Luke : "Un cow-boy dans le coton" (Lucky Productions)

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