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"L’université des chèvres" : l’ultime BD de Christian Lax fait l'éloge du savoir pour tous

Le dessinateur et auteur de BD lyonnais signe sa dernière BD, après 40 ans de carrière. "L’université des chèvres" raconte l’histoire d’instituteurs nomades qui, à travers différentes époques, défendent le droit au savoir et à l’éducation pour tous.
Article rédigé par Véronique Dalmaz
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 1 min
« L’université des chèvres » un plaidoyer pour une école qui émancipe (Christian Lax)

Le dernier livre de BD de Christian Lax, publié au début de l'année, pointe du doigt un mal de tout temps menaçant : en France, aux Etats-Unis ou en Afghanistan selon les siècles, le même obscurantisme, la même volonté de museler la pensée, surtout celle des filles.

"L’université des chèvres", l’ultime BD de Christian Lax qui prend parti pour une école sanctuarisée
"L’université des chèvres", l’ultime BD de Christian Lax qui prend parti pour une école sanctuarisée "L’université des chèvres", l’ultime BD de Christian Lax qui prend parti pour une école sanctuarisée (Reportage France 3 Rhône-Alpes Auvergne : Sylvie Adam / Marine Zamit / Alice Papin)

Deux instituteurs itinérants

L’université des chèvres (Editions Futuropolis) entraîne le lecteur du 19e siècle à nos jours sur les traces d’instituteurs itinérants. Un nomadisme enseignant appelé "l’université des chèvres", d’où le titre de la BD de Christian Lax. L’histoire débute en 1833 avec Fortuné Chabert qui enseigne de village en village dans les Alpes du Sud. Il apprend à lire, écrire et calculer aux enfants des paysans, l’hiver, quand ils ne participent pas aux travaux des champs. Mais Fortuné doit renoncer à transmettre son savoir car la loi française ne permet plus ce genre d’enseignement. Alors, il part exercer chez les Hopis de l’Arizona, aux Etats-Unis.

Près de deux siècles plus tard, sa descendante Arizona Florès, journaliste américaine, part en reportage en Afghanistan. Elle fait la connaissance de Sanjar qui parcourt les montagnes de son pays avec un tableau sur le dos. Comme Fortuné, jadis, il enseigne ses connaissances aux enfants qui n’ont pas accès à l’éducation, et privilégie les filles laissées de côté. Chassé par les talibans, Sanjar doit se résoudre à abandonner sa mission émancipatrice. Il devient auxiliaire de l’armée américaine.

L'éloge du savoir pour tous 

Deux personnages, à deux époques différentes, avec les mêmes problématiques. "La même chose se passe. L’histoire se répète", regrette Christian Lax qui, avec son album, livre un véritable plaidoyer pour une école sanctuarisée, lieu d’émancipation. "Je trouve que l’école devrait être un milieu protégé, inviolable. On s’aperçoit qu’à toutes les époques, dans toutes les régions, l’école est agressée et malmenée pour des raisons religieuses, politiques", rapporte-t-il. L’université des chèvres est une fiction mais basée sur des faits historiques qui ont nécessité à Christian Lax d’importantes recherches. Un travail documentaire qui fait la force de cet album.       

"L'université des chèvres", de Christian Lax, 152 pages, éditions Futuropolis  

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