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A Londres, une exposition non autorisée retrace la carrière de Banksy

Présentée comme la première rétrospective du travail de l'insaisissable artiste de street-art Banksy, une exposition-vente ouvre ses portes mercredi dans le centre de Londres, sans l'accord de l'artiste. "Banksy est au courant de l'exposition et ça ne lui fait pas vraiment plaisir", explique le commissaire de l'exposition qui a suivi Banksy depuis ses débuts dans les années 1990.
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franceinfo Culture (avec AFP) - franceinfo
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Une oeuvre initulée "Banksus Militus Vandalus" signé Banksy exposée à Londres
 (JUSTIN TALLIS)
Steve Lazarides a expliqué à l'AFP qu'il a suivi Banksy depuis ses débuts jusqu'à ce que leurs chemins se séparent en 2008. C'est par ailleurs l'absence de son accord qui a donné son nom -"unauthorized" ("non autorisé")- à la rétrospective dont les oeuvres, appartenant à des particuliers, sont revendues entre 5.000 et 615.000 euros.
Installation de l'exposition rétro Banksy à Londres, juin 2014
 (JUSTIN TALLIS / AFP)

Peintures, photographies et reproductions ornent les murs de la galerie S2, intégralement repeints à la bombe pour créer un esprit street-art proche de l'univers de Banksy. L'exposition réunit 70 oeuvres authentiques, créées entre la fin des années 1990 et 2009, qui sont représentatives du travail de Banksy et de son évolution. L'artiste britannique, dont l'identité demeure secrète, est connu pour ses graffitis et pochoirs, engagés et souvent subversifs, qui ornent ou ont orné de nombreux murs à travers le monde. Couple de policiers britanniques s'embrassant sur la bouche ou petite fille qui s'envole en tenant des ballons font partie de ses compositions les plus emblématiques.

En dépit du désaccord de l'artiste, qui n'a jamais voulu exposer lui-même dans une galerie et a critiqué par le passé l'emballement financier autour de ses oeuvres, Steve Lazarides n'a pas l'impression de trahir Banksy. "La plupart de ce qui est présenté ici a été créé à des fins commerciales, les oeuvres faisaient toutes parties d'expositions précédentes et étaient destinées à être vendues", tient à préciser l'ancien photographe qui est aujourd'hui propriétaire de la galerie Lazarides.
L'oeuvre intitulée Monkey Queen 2001, signé Banksy
 (JUSTIN TALLIS)

Une demi-douzaine de créations n'ont cependant jamais été présentées au public, comme cette toile représentant un enfant famélique, accroupi devant un bol vide, une couronne dorée arborant le logo de "Burger King" posée sur le front. D'autres n'ont été exposées que quelques jours, voire quelques heures mais sont restées célèbres. C'est notamment le cas d'un portrait de la reine à mi-chemin entre le singe et la femme. Ou encore ce rat encadré, surmonté de la mention "our time will come" ("notre heure viendra") qui avait été exposé illégalement en 2004 sur les murs du Musée national d'histoire naturelle de Londres.

A ses débuts, l'artiste de street-art vendait ses oeuvres entre 60 et 123 euros. "Nous avons passé près de 15 ans à essayer d'être pris au sérieux par la scène artistique", explique Steve Lazarides qui estime que cette exposition est aujourd'hui "une sorte de reconnaissance". Les deux bénéficiaires de ces ventes seront les propriétaires initiaux des oeuvres ainsi que la galerie S2 qui les expose. La galerie est rattachée à la société Sotheby's qui avait été, en 2004, la première maison de vente aux enchères à vendre le travail de Banksy.

Une des précédentes expositions, organisée par Banksy  cette fois-ci, "Barely Legal" ("pas vraiment légal"), avait attiré entre 40.000 et 50.000 personnes en trois jours. La galerie S2 s'attend donc à recevoir des "dizaines de milliers" de visiteurs du 11 juin au 25 juillet.

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