"On a l’impression que Bourdelle peut rentrer à tout moment" : à Paris, l’atelier du célèbre sculpteur, devenu musée, restitué à l’identique après deux ans de travaux

C’est une véritable immersion dans l’univers d’Antoine Bourdelle. Le maison-atelier du maitre, transformée en musée en 1949, vient d’être rénovée avec une nouveauté : le développement de l’interactivité avec le public
Article rédigé par Véronique Dalmaz
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Sculpture d'Antoine Bourdelle dans les jardins de son ancien atelier (France 3 Ile-de-France)

Fermé pendant sept mois, le musée a retrouvé ses visiteurs. Occupé dès 1885 par Antoine Bourdelle, ce lieu est un des derniers vestiges des cités d’artistes de Montparnasse. D’où l’importance de sa réhabilitation qui a couté près de 5 millions d’euros.

Rénovation du musée Bourdelle
Rénovation du musée Bourdelle Rénovation du musée Bourdelle (France 3 Ile-de-France : M.Laban / M.Tafnil / C.Testout)

Un lieu sanctuarisé    

Dans les jardins, rien n’à changé. Les sculptures monumentales de l’élève de Rodin s’élèvent toujours au milieu de la végétation. Il faut pénétrer dans l’atelier où Antoine Bourdelle a créé ses œuvres pour découvrir les transformations. Construite en pans de bois et en briques, la structure du bâtiment menaçait de s’effondrer. Alors tout a été consolidé, sans rien modifier. Même le plancher a été conservé. "On a enlevé les lattes une à une, puis on les a numérotées. On a dû combler les carrières sous-terraines qui créent de l’instabilité et des remontées d’humidité. On a coulé une dalle de béton et on a reposé le parquet à l’identique" explique fièrement Ophélie Ferlier-Bouat, directrice du musée. A la mort du sculpteur en 1929, son épouse, Cléopâtre, et leur fille, Rhodia, avait sanctuarisé le lieu. Mais à la création du musée, quelques œuvres avaient été déplacées ou ajoutées. A partir de documents d’archives, des sculptures ont été replacées là où elles étaient du vivant du sculpteur. La peinture d’origine sur les murs ainsi que les marques laissées par l’activité d’Antoine Bourdelle (graffitis et clous) ont été soigneusement conservées. "Un atelier d’artiste du début du XXe  siècle préservé comme ça, c’est quelque chose d’extrêmement rare. En général, ce sont des milieux qui ont évolué. On a l’impression que Bourdelle peut rentrer à tout moment" se réjouit Ophélie Ferlier-Bouat.

L’innovation pour attirer un jeune public

Si coté atelier le temps semble s’être arrêté, dans la salle des techniques de 60 m2, le XXIe siècle est bel et bien présent. Pour découvrir les différents métiers d’une sculpture et mieux comprendre comment Antoine Bourdelle concevait ses oeuvres, le musée a choisi de faire appel aux outils numériques. Des cartels, des panneaux et des écrans expliquent le processus de fabrication en fonction des matières utilisées. La Vierge à l’offrande (1920) est notamment présentée en terre, en plâtre, en marbre et en bronze, avec pour chaque exemplaire des informations. Les visiteurs peuvent également toucher des œuvres. Une découverte tactile de trois bronzes originaux d’Antoine Bourdelle est proposée, après avoir écouté un commentaire sonore laissant libre cours à son imagination. Des dispositifs ludiques, intéractifs pour attirer un public plus jeune.

La salle des techniques attenante à l'atelier explique désormais, grâce à des écrans, le processus de fabrication des sculptures (France 3 Ile-de-France)

Musée Bourdelle, 18 rue Antoine Bourdelle 75015 Paris, ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, accès gratuit aux collections permanentes

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