Prix Bayeux des correspondants de guerre : avec l’exposition Vadim, le métier de fixeur sort de l'ombre

La 27e édition du Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre débute ce lundi 5 octobre. Une exposition rend hommage à un fixeur ukrainien, Vadim, qui apporte son aide aux reporters étrangers.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Vadim, fixeur en Ukraine   (C. Duponchel / France Télévisions)

Sans eux, les correspondants de guerre auraient bien du mal à exercer leur métier. Les fixeurs, qui connaissent bien le terrain, sont une aide précieuse pour des enquêtes approfondies. Vadim fait partie de ces indispensables collaborateurs de l’ombre, chargés d'assurer entre autres des qualités d'interprète, de guide et d'aide de camp pour un journaliste étranger. En Ukraine, il travaille pour les plus grands médias : Le Monde, Le Figaro, Arte ou encore TF1. L’exposition qui le met à l’honneur pour cette nouvelle édition du Prix Bayeux est née d’une belle amitié entre Vadim et l’un de ses "employeurs", le photographe et journaliste Guillaume Herbaut.

Expo Vadim Prix Bayeux

L'un des meilleurs fixeurs 

Vadim et Guillaume Herbaut (connu pour ses reportages sur Tchernobyl), travaillent ensemble depuis 7 ans. Ils se sont rencontrés quand la guerre entre l’Ukraine et des séparatistes favorables à la Russie a enflammé la région du Donbass. Vadim, qui tenait une boutique de sport extrême au centre de Donetsk avec une vingtaine d’employés, change de vie. Polyglotte, entreprenant mais prudent, détenteur d’un bon réseau, il est repéré par des journalistes et devient très vite l’un des meilleurs fixeurs de la région.

Son regard d'artiste sur ce conflit

Vadim est également réputé pour ses talents artistiques, après avoir fait des études à l’Ecole de Condé à Paris. Si la guerre est devenue son quotidien, il s’en inspire aussi pour ses créations. L’exposition qui lui est consacrée reprend une partie de ses oeuvres : vidéos, photographies, croquis, prise de son…   

Je n’ai pas l’intention de passer un message particulier. C’est un travail sur moi-même, mes émotions, ma vie.

Vadim, fixeur

 (VADIM)

Depuis qu’il aide les journalistes, Vadim ne peut plus vivre dans sa ville natale de Donetsk qui est devenue une république séparatiste pro-russe, la DNR (la République Populaire de Donetsk). En six ans, cette guerre a fait au moins 13 000 morts.     

Dix prix remis le 10 octobre

Covid oblige, l’édition 2020 du Prix Bayeux a dû s’adapter à la crise sanitaire. Deux cent journalistes et reporters participent à cet événement qui chaque année met en lumière le travail des correspondants de guerre. Ils sont habituellement quatre cent. Pendant 6 jours, le public est invité à découvrir des documentaires, des expositions dans divers lieux de la ville. Concernant la compétition, une cinquantaine de reportages (presse écrite, radio, télé) sont en lice. Le président du jury est le grand reporter Ed Vulliamy, figure du quotidien britannique The Guardian. Dix prix seront remis le 10 octobre.     

Ed Vulliamy, président du jury de la 27e édition du Prix Bayeux - Tijuana, octobre 2019  (Jorge Fregoso)

Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre, du 5 au 11 octobre.

Exposition Vadim ou le regard d'un fixeur. Espace culturel E. Leclerc, boulevard du 6 juin, à Bayeux. Jusqu'au 31 octobre 2020. Du lundi au samedi de 9h à 20h00. 

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