"C'est ça la culture, se remettre en question" : privée des Rencontres de la photo et du festival Les Suds, Arles cherche à sauver son été

Le festival international de la photo, Les Rencontres, et celui de musique, Les Suds, drainent chaque été plus d’un million de visiteurs à Arles. Mais cette année, ils sont annulés pour cause de coronavirus.

L\'exposition Datazone du Français Philippe Chancel aux Rencontres de la photo d\"Arles 2019 (photo d\'illustration).
L'exposition Datazone du Français Philippe Chancel aux Rencontres de la photo d"Arles 2019 (photo d'illustration). (ANNE CHÉPEAU / FRANCE-INFO)

La galeriste Anne Clergue a appris la suppression des Rencontres d’Arles, le festival international de la photo créé il y a 51 ans par son père, mi-avril. "Il n’y a pas les Rencontres, pas de Suds [festival de musiques du monde]... Peut-être que c’était le seul choix qu’il fallait faire. Cette situation exceptionnelle est absolument dramatique et chaotique", commente-t-elle. Pas question pour autant de rester passifs ou d’attendre un miracle de la phase 3 du déconfinement. "On s’est tous mobilisés d’une façon collective et extrêmement solidaire pour rebondir", explique-t-elle.

Ça va être un été des surprises pour beaucoup mais surtout de la qualité.Anne Clergue, galeriste à Arlesà franceinfo

En plein confinement et devant la catastrophe économique qui se profile, les Arlésiens ont en effet décidé de réagir. Françoise Pams, qui a travaillé entre autres à La Villette et Beaubourg, puis au Centre national du cinéma (CNC), a fait jouer son carnet d’adresse. "Ça a extrêmement bien répondu, on a une programmation fabuleuse que bon nombre de festivals installés nous envierait, assure-t-elle. C’est passionnant parce que c’est de l’enthousiasme pur et les créateurs se remettent en question. Ils adorent ça ! Parce qu’en fait c’est ça la culture : c’est se remettre en question, c’est réfléchir différemment, c’est s’enrichir de ce qui se passe. Alors là, on s’enrichit d’une période inédite qu’on vient de passer très difficile, mais ça les a motivés".

Il n’y a pas d’institution, pas d’aides financières. Ce sont des bénévoles, ce sont des artistes qui ont envie de montrer leurs créations, qui ont besoin de jouer, de danser, de chanter, de lire parce que c’est leur vie.Françoise Pamsà franceinfo

Parmi les bonnes surprises, il y a aussi ceux qui maintiennent leur participation. Julia De Bierre qui possède la galerie Huit a ainsi pu compter sur ses concitoyens britanniques : "Cela n’a pas été facile, raconte-t-elle, mais j’ai eu la chance d’avoir un partenaire merveilleux à Londres, le 'British Journal of Photography', qui est le plus ancien journal de photographie du monde, fondé en 1854. Ils m’ont dit : ‘Julia, on reste solidaires, on va produire l’expo’." 

Quarante, peut-être 60 lieux d’expositions vont être ouverts dès la fin juin à Arles. Livres, musique, théâtre, chant et, bien sûr, photos sont au programme. Largement de quoi contenter un public exigeant.

Arles réagit face à la crise du coronavirus. Un reportage d'Olivier Martocq.
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