Une page de journal français retrouvée sous une toile de Picasso au Japon

La découverte a été faite à Pola, un musée situé à Hakone dans l'Ouest du Japon, où la toile "Maternité au bord de l'eau" est exposée. C'est grâce à une technologie d'imagerie infrarouge que des chercheurs ont identifié sous la surface du tableau une page du "Journal", un quotidien français littéraire que Pablo Picasso lisait régulièrement.

\"Maternité au bord de la mer\", Pablo Picasso 
"Maternité au bord de la mer", Pablo Picasso 
"Pour vérifier que la mise au point était bien nette, nous avons orienté la caméra sur le visage de la mère et à ma grande surprise nous avons immédiatement vu apparaître un texte de journal!", raconte John Delaney, chercheur de la National Gallery of Art à Washington, dans un communiqué. Il a réalisé l'étude avec Keiko Imai, conservatrice en chef du musée Pola situé à Hakone (ouest de Tokyo) où se trouve cette toile de la période bleue de l'artiste, qui doit être prochainement prêtée au musée d'Orsay à Paris (de septembre 2018 à janvier 2019).
\"Maternité au bord de l\'eau\", Pablo Picasso, Barcelone, 1902
"Maternité au bord de l'eau", Pablo Picasso, Barcelone, 1902

Pour identifier l'origine de ce texte, celle-ci est allée écumer les archives du quotidien français littéraire, artistique et politique "Le Journal", dont Pablo Picasso (1881-1973) était un fréquent lecteur. Elle a alors retrouvé un exemplaire du 18 janvier 1902 correspondant exactement au texte visible, où il est notamment question de débats au Parlement britannique ou encore de la création d'un Salon de peinture et de sculpture à l'Automobile-Club de France.

"Pour couvrir de précédentes couches avant d'en peindre une nouvelle ou la composition finale" 

La découverte de ces articles démontre que le tableau a été peint après cette date à Barcelone, où Picasso s'était installé début janvier en provenance de la capitale française.
La raison de la présence de ce papier journal n'est pas claire, selon le communiqué, mais "il a peut-être été utilisé par l'artiste pour couvrir de précédentes couches avant d'en peindre une nouvelle ou bien la composition finale" du tableau, une pratique dont Picasso était coutumier.
 
La technologie utilisée a également fourni aux chercheurs des images plus précises d'une autre composition présente sous la surface, qui avait été identifiée au cours de précédentes recherches. On distingue ainsi le mobilier sur lequel est assise une femme, avec à ses côtés un verre d'absinthe.