Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle, un couple d'artistes à Landerneau

"La démesure" du couple formé par l'artiste américaine Joan Mitchell (1925-1992) et le peintre canadien Jean-Paul Riopelle (1923-2002) est au coeur de la nouvelle exposition du Fonds Hélène et Edouard Leclerc (FHEL) de Landerneau dans le Finistère (jusqu'au 22 avril)

\"Chasse interdite\" (1973) de Joan Mitchell, exposé au Fonds Hélène et Edouard Leclerc à Landerneau (Finistère, décembre 2018)
"Chasse interdite" (1973) de Joan Mitchell, exposé au Fonds Hélène et Edouard Leclerc à Landerneau (Finistère, décembre 2018) (Fred Tanneau / AFP)
Pour la première fois en France, l'exposition du Fonds Hélène et Edouard Leclerc de Landerneau retrace les carrières artistiques de Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle à l'aune de leur relation, de leur rencontre en 1955 à leur séparation en 1979. Un couple qui, comme Auguste Rodin et Camille Claudel, Man Ray et Lee Miller, Diego Rivera et Frida Kahlo, s'inscrit dans l'histoire des mythologies sentimentales et artistiques.
 
Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle se rencontrent à Paris en 1955 et entament une relation intense puis tumultueuse. A New York, elle s'inscrit dans le mouvement de l'expressionnisme abstrait. Installé à Paris, il est une figure de l'art abstrait. Leur rencontre a une certaine influence sur leur production, écriture gestuelle pour elle, place accrue du blanc qui dynamise ses compositions pour lui. Une convergence qui s'accentue quand Joan Mitchell s'installe à plein temps à Paris, en 1959.

Reportage France 3 Iroise / C. Serrano / C. Polet / E. Kermarrec / J. Boceno

Des œuvres réalisées dans le contexte de leur relation
A la fin des années 1960 et dans les années 1970, la distance se creusera entre les deux artistes, avant la rupture définitive en 1979, après que Riopelle s'est installé de nouveau au Canada.
 
Des oeuvres emblématiques et principalement de grand format, fruits du travail réalisé dans le contexte particulier de leur liaison, sont présentées jusqu'au 22 avril.
 
Conçue par le Musée national des beaux-arts du Québec et réalisée en collaboration avec le FHEL, l'exposition présente une soixantaine d'oeuvres majeures des deux figures de la peinture abstraite de la seconde moitié du XXe siècle.
Yseult Riopelle, la fille de Jean-Paul Riopelle, devant \"Point de rencontre\", un tableau de son père, exposé au Fonds Hélène et Edouard Leclerc à Landerneau (Finistère, décembre 2018)
Yseult Riopelle, la fille de Jean-Paul Riopelle, devant "Point de rencontre", un tableau de son père, exposé au Fonds Hélène et Edouard Leclerc à Landerneau (Finistère, décembre 2018) (Fred Tanneau / AFP)

Des tableaux inédits en France

Elle a été présentée pour la première fois au Musée national des beaux-arts du Québec d'octobre 2017 à janvier 2018, puis au Musée des beaux-arts de l'Ontario de Toronto (Art Gallery of Ontario) de février à mai. Une quinzaine d'oeuvres présentées au Canada ont été remplacées par d'autres provenant de collections européennes, pour la plupart jamais présentées en France.
 
"L'histoire de ces deux artistes, Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle, est fascinante", souligne Michel-Edouard Leclerc, à la tête du Fonds du nom de ses parents, pionniers de la grande distribution. "C'est celle d''un couple dans la démesure', dont les vies et l'oeuvre se rencontrent et se croisent durant 25 ans ! A travers eux, c'est l'histoire de l'art qui s'écrit, d'un bout à l'autre du monde", s'enthousiasme Michel-Edouard Leclerc.
 
Le FHEL a été créé en 2011 dans la petite ville de Landerneau, non loin de Brest, au sein de l'ancien couvent qui a abrité les premiers entrepôts des magasins Leclerc dans les années 1960.