L'illustre peintre Baya célébrée en "héroïne algérienne de l’art moderne" à la Vieille Charité de Marseille

Après l’Institut du monde arabe, la peintre algérienne Baya fait l'objet d'une nouvelle exposition à la Vieille Charité de Marseille jusqu'au 24 septembre. Plus de 150 peintures, dessins et céramiques sont présentés, dont de nombreux inédits.
Article rédigé par Yemcel Sadou
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min
Baya, La coupe aux poissons, 1966. Collection particulière (© Gabrielle Voinot)

Femme pionnière de la peinture algérienne, Baya (1931-1996) est propulsée à 16 ans au sommet de la notoriété, éblouissant écrivains, amateurs d’art et artistes dont Picasso. Le Centre de la Vieille Charité de Marseille renoue avec le passé méditerranéen de l’artiste avec l’exposition Baya. Une héroïne algérienne de l’art moderne jusqu’au 24 septembre.

Artiste autodidacte, Baya est orpheline et travaille dans les fermes agricoles avec sa grand-mère en Kabylie lorsqu’elle est repérée à 10 ans par Marguerite Caminat une artiste et amatrice d’art. Elle peint des toiles aux couleurs luxuriantes et fabrique des poteries qui valorisent la richesse des arts populaires algériens. Baya donne vie à son imaginaire merveilleux à travers ses œuvres. Elles dialoguent avec un patrimoine cher à son cœur, les contes et l’artisanat kabyle.

Baya, Petit bassin aux deux violons, 1966. Collection particulière (© Gabrielle Voinot)

Certaines œuvres inédites ou longtemps pensées disparues, sont exposées pour la première fois à Marseille. L’Institut du monde arabe avait déjà consacré une exposition rétrospective à Baya fin 2022.

Baya et Marseille  

L’histoire de Baya est liée à celle de Marseille. Le musée Cantini est l’un des premiers dans le monde à lui consacrer une exposition d’envergure internationale en 1982 en collaboration avec Baya elle-même. Cette nouvelle rétrospective est l’occasion de découvrir ou redécouvrir des œuvres inédites qui résonnent avec le patrimoine marseillais. Entre céramiques archéologiques méditerranéennes, textiles berbères, instruments de musique, ou photographies de paysages algériens et d’exploitations agricoles du XXe siècle, l’exposition reconstitue le cadre de vie dans lequel a évolué Baya.

La scénographie de l'exposition, "Baya. Une héroïne algérienne de l’art moderne" jusqu’au 24 septembre à la Vieille Charité de Marseille (DR La Vieille Charité Marseille)

Cette étape marseillaise complète le propos des expositions passées grâce à des pièces prêtées par différentes institutions. On retrouve le Musée du quai Branly - Jacques Chirac, le musée national Picasso-Paris, le musée de la musique Philharmonie de Paris, le musée Albert Kahn et le Mucem.

Plusieurs céramiques réalisées par Baya et exposées à la galerie Maeght en 1947 ont été retrouvées l’hiver dernier et restaurées afin d'être exposées. Un dispositif sonore inédit accompagne le parcours de l’exposition, afin de rendre compte de la musicalité de l’œuvre de Baya. Chants d’oiseaux, sonorités d‘instruments de l’orchestre arabo-andalou, récitations de contes populaires, chaque son fait écho à l’imaginaire merveilleux de Baya, proche du jardin d’Eden. Un monde idéal qui célèbre les femmes kabyles comme des reines majestueuses, et où l’animal et le végétal cohabitent en parfaite harmonie.

Baya, Instruments de musique, 1974. Marseille, Musée Cantini, C.75.2.11 (© Ville de Marseille / RMN Grand Palais / David Giancatarina)

Baya hors les murs   

Hors des murs de la Vieille Charité, l’esprit de Baya vit encore grâce notamment aux bibliothèques Saint-André et Salim Hatubou qui proposent des ateliers de céramique et de calligraphie, mais aussi des concerts de musique arabo andalouse et des lectures de contes arabes.

Pendant toute la durée de l’exposition Baya. Une héroïne algérienne de l’art moderne, les Musées de Marseille proposent également aux visiteurs de participer à la réalisation d’une fresque collaborative en hommage à Baya. Les artistes Pascale Lefebvre et Zeynep Perinçek guident le public dans le cadre d’ateliers créatifs et participatifs, dans la continuité de la vision de Baya.

"Baya. Une héroïne algérienne de l’art moderne" au Centre de la Vieille Charité de Marseille jusqu’au 24 septembre

Renseignements et réservations des ateliers créatifs hors les murs au 04 91 14 58 23 /musees.marseille.fr

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