L'Atelier des Artistes en Exil : un havre de paix pour les créateurs réfugiés

Ouvert en 2017 dans le 18e à Paris, L'Atelier des Artistes en Exil est un espace unique en son genre. Il accueille les artistes réfugiés et demandeurs d’asile de tous horizons et de toutes disciplines. Son ambition, les accompagner selon leurs besoins et les soutenir dans leurs démarches. C'est aussi une sorte de parenthèse enchantée, un havre de paix où ils peuvent enfin se libérer, s'exprimer.

Dessin de la plasticienne afghane, Kubra Khademi
Dessin de la plasticienne afghane, Kubra Khademi (Capture d'écran France 3 / Culturebox )
Ils sont partis du Soudan, de Syrie, de Libye, d'Afghanistan... des artistes contraints de fuir leur pays en proie à des violences ou, simplement menacés pour ce qu'ils étaient ou représentaient. L'Atelier des Artistes Exilés est devenu leur refuge une fois arrivés sur le sol français. Cette structure unique en son genre les accompagne selon leurs besoins et leur offre un espace de travail où ils peuvent enfin laisser place à toute leur créativité et s'exprimer librement.

Reportage : P. Sorgues / I. Audin / E. Beaugé


Kubra Khademi, plasticienne afghane

"D'être exilée n'était pas un choix pour moi, je ne l'ai pas choisi. J'ai été forcée de fuir" affirme la plasticienne, performeuse et féministe afghane Kubra Khademi. 

En 2015, elle brave tous les dangers, osant une performance (Armures) impensable, en plein Kaboul. Elle va porter des seins et des fesses en métal, comme une armure. Au bout de dix minutes, il lui faudra quitter les lieux en taxi. Elle n'a plus d'autre choix que de fuir pour sauver sa peau. Elle est alors exfiltrée de Kaboul pour se réfugier à Paris.  
Kubra Khademi dans les rues de Kaboul, lors de sa performance en 2015
Kubra Khademi dans les rues de Kaboul, lors de sa performance en 2015 (Capture d'écran France 3 / Culturebox )

Dans son studio de l’Atelier des Artistes en exil, des poupées alignées qu'elle collecte aux puces ou dans la rue, l'aident à réfléchir. Sur les murs des portraits de femmes nues, à la sexualité et à la féminité affirmées. Un art subversif par lequel elle dénonce le patriarcat dans son pays, et les violences quotidiennes faites aux femmes, ici ou ailleurs. 

Des univers variés où plusieurs artistes se côtoient 

A l'Atelier des Artistes en Exil, plusieurs univers se côtoient, travaillent côte à côte ou ensemble, à l'instar de Daouda Nganga, danseur chorégraphe et metteur en scène congolais. Lui qui pensait perdre toute inspiration une fois arrivé en Europe, se surprend à se raconter et à se réinventer, grâce à la solidarité de tous. 

Ce que j'ai trouvé ici, c'est l'amour, la liberté d'expression. Les gens parlent, communiquent entre eux ; ça fait avancer.

Daouda Nganga
danseur et metteur en scène


L'Atelier des Artistes en Exil, est donc un espace d'accueil et de conseil pour les artistes de toutes origines et de toutes disciplines. Cette structure leur est entièrment dédiée, parce que le rôle de l'art est de dénoncer ce qui dérange et de faire entendre la voix des opprimés.   

Le 102 boulevard des Poissonniers devant être détruit l'été prochain, L'Atelier des Artistes Exilés est à la recherche de nouveaux locaux.