Fermeture du Centre Pompidou : "Les 120 000 oeuvres du musée seront visibles dans une myriade d'expositions partout en France", annonce le directeur de Centre d'art

Le Centre Pompidou va fermer ses portes entre 2023 et 2027 afin d'effectuer de grands travaux de restauration. Des travaux "nécessaires" selon le président du musée.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Serge Lasvignes, président du musée d'art moderne du Centre Pompidou, le 15 juin 2020. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Le Centre Pompidou va fermer pour travaux pour au moins trois ans à partir de fin 2023. Inauguré en 1977, le bâtiment dessiné par Renzo Piano et Richard Rogers a besoin d'une sérieuse rénovation. Invité sur franceinfo lundi 25 janvier, Serge Lasvignes, président du Centre Pompidou, a évoqué des "travaux de modernisation nécessaires", et a annoncé que les "120 000 oeuvres" du Centre Pompidou allaient être visibles "dans une myriade d'expositions sur tout le territoire", le temps de la fermeture du musée.


franceinfo : Ces travaux sont-ils vraiment indispensables ?

Serge Lasvignes : Ces travaux sont nécessaires, on ne peut pas les éviter. Le Centre Pompidou, les bâtiments de Renzo Piano et Richard Rogers, on dit que c'est notre premier chef d'oeuvre dans notre collection. C'est un bâtiment, une architecture qui n'a absolument rien perdu, qui ne s'est jamais démodée. Mais techniquement, elle s'est usée pour tout ce qui concerne les fonctions, comme l'air conditionné, comme la prévention des incendies, l'accessibilité des handicapés. Il y a de l'amiante, parce que dans les années 70, il y avait beaucoup d'amiante, et on ne se préoccupait pas beaucoup d'économiser d'énergie. Donc, il faut faire tout ça. Les bâtiments modernes des années 70 étaient sans doute plus fragiles que la pierre de taille du Louvre. Cela dit, on dispose maintenant de la capacité d'associer à cette architecture des fonctions techniques beaucoup plus résistantes. En 2027, on aura un Centre Pompidou avec les normes les plus contemporaines et je crois que c'est très important parce que vous savez, dans le monde des musées, il faut que le Centre Pompidou reste parfaitement moderne, parfaitement actuel, que ce soit dans son apparence ou dans les propositions qu'on fera. Mais cette réouverture, ce sera pour nous l'occasion de présenter aussi un nouveau projet culturel, une nouvelle façon d'organiser la visite de nouvelles relations avec les visiteurs, une autre façon d'utiliser le numérique, tout cela ensemble.

Ne pouviez-vous pas rénover niveau par niveau pour éviter de fermer la totalité du bâtiment ?

C'était ce que nous voulions faire au départ. Mais si nous essayons de faire ces travaux sans fermer totalement, c'est-à-dire en travaillant effectivement par demi-niveau, cela signifie que ces travaux vont durer sept ans. Sept ans à supporter les travaux, le bruit, les odeurs et les fumées. Au bout de sept ans, l'image touristique se serait abîmée. Ce qui a été démontré aussi, c'est que si on voulait procéder à un désamiantage total et il fallait fermer. Et puis finalement, nous avons aussi fait faire une étude d'une évaluation socio-économique qui a montré que du point de vue, du bien collectif, y compris de l'efficacité économique pour l'environnement, pour Paris, il était plus rentable de fermer une bonne fois et d'ouvrir avec un centre flambant neuf, très attrayant, que de supporter ces temps de fonctionnement dégradé sur la ligne.

Pendant ce temps là, pourra-t-on continuer à voir les collections ?

Nous avons l'ambitieux projet d'utiliser notre collection de 120 000 œuvres, pour organiser une myriade d'expositions sur tout le territoire, dans toutes les régions, en partenariat avec des musées en région, avec des collectivités locales. Toute cette collection va être mobilisé pour être présente partout en France pendant trois ans. Ce qui fait qu'on entendra parler du Centre Pompidou, et puis on verra aussi que l'un de nos soucis principaux, c'est d'être, comme le disait l'un des premiers ministres à la création du centre, une véritable centrale de la décentralisation. Après, est ce qu'on aura un point de chute à Paris ? Il en faudra nécessairement pour la bibliothèque, il lui faut continuer son travail, donc on lui trouvera des locaux quelque part dans le centre de Paris. Pour le Centre, on verra dans quelle mesure il est nécessaire d'avoir une adresse Parisienne.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Centre Pompidou

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.