Les migrants secourus en Méditerranée par le navire de Banksy sont "dans un état de choc assez violent", selon une membre de l'équipage

Le navire humanitaire Louise Michel, affrété par le street artiste Banksy, se trouve entre l'île de Lampedusa et Malte avec 198 migrants à bord, un mort et une dizaine d'activistes. Il lance un appel à l'aide.

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Radio France
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Le "Louise Michel" au large de la Libye le 28 août 2020 (CHRIS GRODOTZKI / M.V. LOUISEMICHEL)

Le Louise Michel, situé entre l'île de Lampedusa et Malte, lance depuis vendredi soir des appels à l'aide, recherchant d'urgence un port pour débarquer ou un bateau pour transférer les 198 migrants secourus.165 rescapés se trouvent à bord du bateau humanitaire, 33 sont sur un radeau de survie amarré au bateau.

Pris en charge par le navire affrété par le street artiste Banksy, les migrants secourus "présentent des brûlures liées au mélange d'essence et d'eau de mer", "ils sont dans un état de choc assez violent, traumatisés par ce qu'ils ont subi" raconte à franceinfo Claire, membre de l'équipage. Le bateau ayant "atteint ses limites de capacité d'accueil" et tirant un radeau de survie "n'est pas en capacité de manœuvrer comme un vrai bateau". Ses appels à l'aide n'ont reçu, pour l'heure, aucune réponse. "On dénonce la déresponsabilisation des États européens dans ce qui se passe aux portes de l'Europe", explique la militante.


franceinfo : Dans quel état se trouvent les migrants que vous avez secourus ?


Claire, membre de l'équipage : Les 89 personnes qui ont été récupérées pendant le premier sauvetage vont plutôt bien. Les personnes qui ont été récupérées lors du deuxième sauvetage pendant la nuit présentent toutes des brûlures liées au mélange d'essence et d'eau de mer dans lequel ils ont baigné pendant des heures. Ils ont été exposés à la mort de plusieurs de leurs camarades avec qui ils ont tenté la traversée. Ils ont réussi à récupérer un des cadavres de leurs proches. Ce corps est maintenant à bord du bateau avec eux. Ils sont tous dans un état de choc assez violent, traumatisés par ce qu'ils ont subi. On a à bord de l'eau et de la nourriture en rations énergétiques qui sont faites pour donner à des gens ce dont ils ont besoin immédiatement. On n'est pas sur un bateau de croisière, on ne fait pas les trois repas par jour.


Pourquoi le navire est-il dans l'incapacité ce matin de manœuvrer ?


Le bateau a atteint ses limites de capacité d'accueil. Un radeau de survie a été déployé pour 30 personnes qui n'avaient plus de place à bord du Louise Michel. Le radeau de survie, c'est quelque chose qui flotte, les gens sont en sécurité à l'intérieur, mais c'est carré et tracter quelque chose de carré sur la mer c'est relativement impossible. Le Louise Michel n'est pas en capacité de manœuvrer comme un vrai bateau.


Vous avez lancé plusieurs appels à l'aide. Avez-vous reçu des réponses ?


On a lancé un appel d'urgence aux responsables de la zone maritime, au centre de coordination de recherche et de sauvetage. Puisque le bateau ne peut même plus naviguer jusqu'à un port à cause de sa situation, on demande un transfert avec des bateaux d'États européens en mer. On n’a reçu aucune réponse. On dénonce la déresponsabilisation des États européens dans ce qui se passe aux portes de l'Europe, depuis malheureusement beaucoup trop longtemps. On lance un appel en direction de tous les pays européens qui peuvent mettre en place un plan de débarquement prévisible qui peuvent mettre en place des opérations de sauvetage étatisées et reprendre leur rôle dans ce qui se passe en Méditerranée centrale.

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