A Lyon, une exposition retrace la vie du célèbre chef de la Résistance Jean Moulin

Baptisée "Jean Moulin, une vie d’engagement", cette exposition itinérante revient sur son parcours, de son enfance à son arrestation par la Gestapo.
Article rédigé par Véronique Dalmaz
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min
Jean Moulin, jeune homme (France 3 Rhône-Alpes)

80 ans après sa disparition, de nombreux hommages sont rendus à Jean Moulin, notamment à Lyon où il a été interpellé en juin 1943 lors d’une rencontre clandestine avec d’autres responsables de la Résistance.

Exposition Jean Moulin
Exposition Jean Moulin Exposition Jean Moulin (France 3 Rhône-Alpes : F. Bouyablane / C. Delarbre / M. Tamain)

De la politique à la Résistance

Jean Moulin, une vie d’engagement a posé ses valises, dans le 7e arrondissement de la capitale des Gaules, à la base militaire du quartier Général-Frère. Sur les premiers panneaux de l’exposition, on découvre l’enfance et l’adolescence de Jean Moulin à Béziers, où il est né. Comme son père, conseiller général de l’Hérault sous la bannière radicale-socialiste, il s’intéresse à la politique. A 26 ans, il devient le plus jeune sous-préfet de France à Albertville, en Savoie. Avec la Seconde Guerre mondiale, sa brillante carrière de haut fonctionnaire est stoppée. Alors qu’il est préfet d’Eure-et-Loir depuis 1939, il refuse de coopérer avec le régime de Vichy. En novembre 1940, il est révoqué. Quelques mois plus tard, il rejoint le général De Gaulle à Londres qui le charge d’unifier les trois principaux mouvements de résistance, pour plus d’efficacité face à l’invasion allemande. En 1943, le Conseil National de la Résistance (CNR) est créé. Des réunions secrètes entre les dirigeants de tous les groupes de la Résistance sont organisées par Jean Moulin. Et c’est justement à l’occasion d’une de ces rencontres, que son destin bascule.

L’arrestation de Jean Moulin à Caluire-et-Cuire

Face aux panneaux qui racontent les deux premières années de résistance de Jean Moulin, le visiteur découvre "le rendez-vous de Caluire avec les participants", explique Christophe Chevassus, historien et directeur du Centre documentaire des armées. Le 21 juin 1943, Jean Moulin, qui se sait recherché par le régime de Vichy et les Allemands, organise tout de même une réunion avec sept dirigeants de la Résistance dans une maison à Caluire-et-Cuire, en banlieue lyonnaise. Informée du lieu de cette rencontre, la Gestapo fait irruption dans la maison et embarque tous les occupants, excepté un homme, René Hardy, qui réussit à s’échapper. Une évasion jugée "trop facile" par certains témoins, d’autant plus que René Hardy avait été arrêté par la Gestapo quelques jours plus tôt et relâché. Accusé d’avoir dénoncé Jean Moulin aux Allemands, il sera jugé et innocenté deux fois après-guerre. "Que s’est-il passé ce jour-là ?" s’interroge Christophe Chevassus.

Aujourd’hui encore, le mystère reste entier. La conception de cette exposition a été réalisée avec le fonds du Centre documentaire des armées qui comprend une vingtaine d’ouvrages sur l’affaire Jean Moulin. Interrogé et torturé, Jean Moulin meurt de ses blessures officiellement le 8 juillet 1943, à Metz, dans un train qui le conduit vers l'Allemagne. Cette version de l’administration allemande de l’époque est encore, là aussi, sujette à débat.

L’exposition Jean Moulin, une vie d’engagement n’est pour l’heure visible qu’aux scolaires, aux universitaires et aux associations mémorielles. Mais elle sera accessible à un plus large public toujours à Lyon, le 14 juillet place Bellecour, puis en septembre dans les locaux de la mairie du 6e arrondissement. 

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