Covid-19 : après un an de crise sanitaire, les acteurs de la culture manifestent et occupent l'Odéon

Alors que les lieux culturels demeurent fermés, plusieurs manifestations ont eu lieu jeudi 4 mars pour dénoncer "des promesses non-tenues" à l'égard du monde de la culture. Des manifestants sont entrés dans le théâtre de l'Odéon avec l'intention de l'occuper "toute la nuit"

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France Télévisions Rédaction Culture
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Manifestation des professionnels de la culture pour la réouverture des lieux culturels, à Paris le 4 mars 2021


 (MAGALI COHEN / HANS LUCAS)

Plusieurs milliers de professionnels du monde de la culture ont manifesté jeudi 4 mars en France, pour de nouveau crier leur ras-le-bol et demander la réouverture des lieux culturels, un an après les premières mesures de fermeture.

A Paris, des manifestants sont entrés à la fin du parcours dans le théâtre de l'Odéon qu'ils comptent "occuper toute la nuit", explique Karine Huet, secrétaire générale adjointe du SNAM-CGT, qui fait partie des "80 personnes environ qui ont réussi à pénétrer à l'intérieur". "Nous ne sortirons pas avant qu'un conseil national des professionnels du spectacle soit convoqué avec Roselyne Bachelot et Jean Castex", a-t-elle ajouté.

Un secteur à l'agonie

"Ca fait un an qu'on est bloqués chez nous", regrette Louis-Marie Hippolyte, 34 ans, régisseur lumière dans le théâtre, ayant participé au rassemblement à Grenoble. Depuis la crise sanitaire, il travaille "5 à 10 heures par mois" et vit de l'allocation pour les intermittents du spectacle.

"Ca fait un an qu'on est au point mort", abonde Sabine Grislin, danseuse et trapéziste, devant la préfecture, à Strasbourg. "Les petites structures" ne sont pas assez soutenues, estime cette artiste qui dit avoir la chance de bénéficier "depuis un an de répétitions payées".

"On est en train de crever !", s'emporte Xavier, un quadragénaire dont les dettes s'accumulent, qui a manifesté place de la République à Paris, à l'appel de la CGT Spectacle. "Avant le coronavirus, je gagnais bien ma vie en enchaînant les contrats longs et courts dans l'événementiel, mais depuis l'annulation des festivals, je ne peux que remplir le frigo et je ne peux plus payer mon loyer tous les mois", se désespère-t-il, préférant ne pas donner son nom.

"Des promesses non tenues"

Le gouvernement, qui a fermé fin octobre les théâtres, musées et autres lieux culturels pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, n'a donné aucune date de réouverture, attendant le résultat de plusieurs "concerts-tests" ainsi qu'une expertise sur la situation des intermittents.

A Lyon, où ils étaient plusieurs centaines rassemblés devant la halle Tony Garnier, Antoine Galvani, du Snam-CGT, a estimé que "les promesses d'Emmanuel Macron ne sont pas tenues", alertant notamment sur l'"année blanche" (accordée aux intermittents), censée se terminer "fin août" tandis que les annulations de festivals d'été se succèdent. "Des concertations avec le ministère se tiennent depuis 3 mois et on est toujours au point zéro", a-t-il dénoncé.

L'année blanche, annoncée en mai, correspond à la prolongation des droits d'indemnisation jusqu'au 31 août 2021 pour les intermittents arrivant en fin de droits entre le 1er mars 2020 et le 31 août 2021. Les professionnels de la culture réclament sa prolongation jusqu'en août 2022 et surtout, une réouverture des lieux culturels.

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