Accord du participe passé : la Belgique ne réformera pas seule

"Avancer là-dessus devrait se faire dans un cadre international", a averti la porte-parole de la ministre de l'Education francophone.

Une femme tient un exemplaire du Petit Larousse 2016, le 18 mai 2015 à Paris. 
Une femme tient un exemplaire du Petit Larousse 2016, le 18 mai 2015 à Paris.  (ERIC FEFERBERG / AFP)

Les autorités de la Belgique francophone ne réformeront l'accord du participe passé qu'à condition que cela se fasse "dans un cadre international", a annoncé samedi 8 septembre un responsable de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), entité compétente sur ces questions. 

"Il n'y a pas d'intention à court terme de travailler sur cette question-là", a déclaré Eric Etienne, porte-parole de la ministre de l'Education francophone, Marie-Martine Schyns. Et surtout, a-t-il ajouté, "avancer là-dessus devrait se faire dans un cadre international, sinon ça n'a pas beaucoup de sens".

Deux anciens profs militent pour cette réforme

Le débat a ressurgi en France ces derniers jours sur la simplification de l'accord du participe passé, avec la médiatisation du travail de deux anciens professeurs belges qui militent pour une telle réforme. Ces derniers, Jérôme Piron et Arnaud Hoedt, ont adapté en spectacle le sujet d'un livre récemment coécrit pour dénoncer les difficultés de l'orthographe française, "vrai casse-tête" selon eux.

Ils ciblent en particulier l'accord du participe passé et souhaiteraient le voir devenir invariable en cas d'emploi avec l'auxiliaire avoir (ce qui donnerait par exemple "les crêpes que j'ai mangé"). Actuellement, le participé passé s'accorde avec le complément d'objet direct lorsque celui-ci est placé avant l'auxiliaire ("Les crêpes que j'ai mangées").

En Belgique, le Conseil de la langue française et de la politique linguistique, qui dépend du gouvernement de la FWB, avait émis dans son bilan de l'année 2015 un avis suggérant de réformer en profondeur l'accord du participe passé.