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A Angoulême, les auteurs de BD manifestent contre la paupérisation de la profession

De plus en plus d'auteurs ne parviennent pas à atteindre le Smic, selon le représentant du Snac-BD (Syndicat national des auteurs et des compositeurs, section BD). 

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France Télévisions
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Des visiteurs au fesival de BD d'Angoulême (Charente), vendredi 30 janvier 2015. (PIERRE DUFFOUR / AFP)

Les auteurs de BD battent le pavé à Angoulême, pour protester contre une réforme de leur système de retraite. Au premier rang de la manifestation, on reconnaît Pénélope Bagieu, Fabien Velhmann (Spirou et Fantasio, Seuls...), Denis Bajram (Universal War) ou encore Lewis Trondheim. Alors que la ville vit samedi 31 janvier au rythme du festival dédié au neuvième art, ils déplorent la "paupérisation croissante" de la profession, clamant sur une banderolle "sans auteur, plus de bande dessinée". 

Sur environ 1 300 auteurs professionnels de BD en France, seule une cinquantaine vivrait correctement de son travail, ont-ils consaté à l'occasion des Etats généraux de la bande dessinée à Angoulême. Denis Bajram, représentant du Snac-BD (Syndicat national des auteurs et des compositeurs, section BD), alerte sur le cas des "sous-smicards de plus en plus nombreux" dans la profession. Or, la bande dessinée irrigue la créativité française et son affaiblissement menace aussi l'animation ou le jeu vidéo à la française, souligne-t-i

Sur un album à 15 euros, un auteur débutant touche généralement 8%, des vedettes connues jusqu'à 12 ou 13%. Mais la plupart des albums ne se vendent qu'à quelques milliers d'exemplaires, sur un marché qui chaque année propose 2000 nouveautés et presque autant de traductions de mangas ou de comics, sans oublier les rééditions. 

Côtisations retraite complémentaire à la hausse

"Le métier d'auteur de BD bénéficie d'une aura sympathique, voire d'un énorme attachement, comme l'a révélé l'affaire Charlie Hebdo", relève Benoît Peeters, le scénariste de François Schuiten, qui préside les Etats généraux. Pourtant, les professionnels rencontrent d'énormes difficultés financières. "Au printemps dernier, les auteurs ont découvert un projet d'augmentation de leurs cotisations de retraite complémentaire. Or, leurs revenus ont déjà beaucoup baissé ces dernières années, car le nombre de nouveautés qui paraît chaque année a été multiplié par sept, alors que le nombre de lecteurs n'a qu'à peine augmenté"selon Benoît Peeters.

"Quelques séries connues cachent cette difficulté mais les auteurs subissent une précarité insupportable, sans régime du type des intermittents. Ils n'ont ni chômage, ni congés payés, ni congé maladie, ni même parfois de retraite", poursuit-il. 

En juin 2014, les auteurs de BD avaient déjà adressé une lettre ouverte à la ministre de la Culture d'alors, Aurélie Filippetti, signée par près de 750 créateurs, pour réclamer la suspension de la réforme de leur régime de retraite.

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