Coupe du monde 2022 : la renaissance d'André Onana après sa suspension pour dopage

Un joueur, une histoire. Ce jeudi, à l’occasion de Suisse-Cameroun, place au gardien camerounais qui a écopé d’une suspension de neuf mois pour dopage en 2021.
Article rédigé par
Etienne Leray - franceinfo: sport
France Télévisions
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Temps de lecture : 2 min.
André Onana durant le match pour la troisième place de la CAN 2021 entre le Cameroun et le Burkina Faso, le 5 février 2022 à Yaoundé. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

"C'est incroyable comme une pilule de 40 milligrammes peut détruire votre vie". Ces mots d'André Onana, dans les colonnes de Marca, illustrent toute sa frustration après sa suspension de neuf mois pour dopage. Le 30 octobre 2020, le gardien de but camerounais a été testé positif au furosémide, un diurétique hypotenseur pouvant masquer la prise d’anabolisants, après avoir pris par erreur un médicament prescrit à sa femme, entraînant son absence des terrains de février à novembre 2021. Ce jeudi 24 novembre, il va disputer son premier match en Coupe du monde, face à la Suisse.

Formé au Barça et révélé comme l'un des meilleurs portiers du monde avec l'Ajax Amsterdam, André Onana a connu un vrai coup d'arrêt après sa sanction, mais ne l'a pas vécue comme une injustice. "André a toujours eu la conscience tranquille, témoigne Anthony Da Silva dit Tony, ancien adjoint de Toni Conceição au Cameroun (2019-2022). Il savait qu'il n'avait rien fait de mal donc il est resté très fort psychologiquement". Privé d'entraînement avec les Ajacides et les Lions indomptables, le natif de Nkol Ngok s'est entretenu pendant neuf mois à Barcelone avec sept personnes, dont un entraîneur individuel, un préparateur physique et un nutritionniste, tout en variant les séances (boxe, basket, tennis...). 

"André a toujours eu la conscience tranquille"

"J'éprouve beaucoup de respect pour elles [les disciplines individuelles] car je trouve ça plus dur d'être livré à soi-même que de pratiquer un sport collectif, confiait-il dans les colonnes de L'Équipe magazine en février dernier. "J'ai pu effleurer ça durant ma suspension et ça n'a pas été facile. Les exercices en solo, c'était 80% de souffrance, 20% de plaisir". Déjà réputé pour son jeu au pied et sa tonicité, le portier est revenu affûté de sa mise à l'écart, avec plusieurs kilos perdus. Si cette métamorphose physique ne lui a pas permis de retrouver immédiatement du temps de jeu à Amsterdam, la sélection camerounaise l'a remis dans le bain pour la Coupe d'Afrique des nations, au début de l'année 2022. 

"Quand sa suspension a été levée, André était prêt mentalement, physiquement et techniquement. Il a fait une superbe CAN et nous a prouvé qu'il était au-dessus du lot", ajoute Tony, alors que le Cameroun, pays organisateur, a terminé troisième de la compétition. Un podium au goût d'inachevé pour la star camerounaise, qui n'était pas de la CAN victorieuse en 2017. À 26 ans, il a encore une belle histoire à écrire en club comme en sélection. Arrivé à l'Inter Milan cet été, André Onana s'est vite imposé au détriment de l'historique Samir Handanovic (38 ans), et entend briller pour sa première Coupe du monde. 

Sa suspension, elle, n'est plus qu'un lointain souvenir. "André n'est pas revanchard, mais c'est quelqu'un d'ambitieux", conclut Tony. "Il prend les choses comme elles viennent et il se bat par rapport à ça. Le mental, c'est vraiment son point fort". Une caution psychologique non-négligeable pour le Cameroun, qui espère atteindre les quarts de finale au Qatar, comme la génération dorée de Roger Milla en 1990. 

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