Une fréquentation 2019 en demi-teinte pour les musées parisiens, sous l'effet des mouvements sociaux

Les musées parisiens affichent des bilans en recul par rapport à 2018. Les grèves de la fin de l'année ont compliqué la venue des visiteurs comme du personnel, tandis que le mouvement des "gilets jaunes" avait obligé à renforcer les contrôles de sécurité.

L\'exposition Toulouse-Lautrec au Grand-Palais à Paris. 
L'exposition Toulouse-Lautrec au Grand-Palais à Paris.  (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS)

Que l'itinéraire des manifestations passe à proximité d'un musée, qu'il ne soit pas desservi par un métro, qu'il n'ait pas une exposition phare pour attirer les visiteurs malgré tous les obstacles... Tout cela a joué sur le bilan de fréquentation 2019 de plusieurs musées parisiens.

Début 2019, le passage des "gilets jaunes" rendait les contrôles fastidieux et l'accès dissuasif au Grand Palais et à d'autres musées comme le Petit Palais, le Palais de Tokyo. Les contrôles se sont allégés au printemps mais les difficultés ont repris le 5 décembre. Faute de personnel, grévistes ou employés dans l'incapacité de venir des lointaines banlieues, les musées ont réduit leurs heures d'ouverture, fermé des salles, et, plus rarement, carrément fermé.

Manque à gagner pour les boutiques des musées

Le Grand Palais, même s'il a bénéficié de la ligne automatique numéro 1 et de l'attrait de ses expositions Gréco et Toulouse-Lautrec, a vu en décembre sa fréquentation chuter de 25% (- 45 000 visiteurs). Comme l'explique Emmanuel Marcovitch, directeur-général délégué de la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais, les boutiques que gère la RMN ont souffert : "Il y a des musées où l'on a constaté une diminution jusqu'à un tiers du chiffre d'affaires dans certaines boutiques", a-t-il souligné.

Les musées de la Ville de Paris, souvent trop méconnus, ont accueilli plus de 3 millions de visiteurs, mais subissent plus de 50% de baisse de fréquentation depuis le 5 décembre. Pour Delphine Lévy, directrice de Paris Musées, "les mouvements sociaux nationaux ont eu un impact en particulier au Petit Palais et au Musée d'art moderne. Nous y avons de très belles expositions, Hartung, Gemito, Luca Giordano. C'est vraiment dommage !"

Les musées scientifiques se portent bien

Même baisse au réseau du Centre des monuments nationaux (CMN), qui a accueilli 9,97 millions de visites : les jours de fermeture de l'Arc de triomphe et la canicule ont joué. Si les tours de Notre-Dame ne sont plus visitables, la Sainte-Chapelle et le Panthéon ont connu un plus.  Avec 3,2 millions de visites (-8%), le Centre Pompidou a réduit ses horaires, supprimé ses nocturnes, engendrant une baisse de 40% en décembre.  Le Louvre, qui a reçu 9,6 millions de visiteurs en 2019, en-deçà de 2018 (10,2 millions), minimise l'impact des mouvements sociaux, justifiant cette baisse par une politique volontariste de fermetures à l'été afin de mieux gérer l'afflux. Il salue la permanence des visiteurs étrangers (75% du total).

Certains musées résistent. Le musée d'Orsay a réalisé son record absolu avec 3,6 millions de visiteurs (+11%). Et les musées scientifiques s'en sortent bien : la Cité des sciences et de l'industrie enregistrent une hausse de 8%, le Palais de la découverte 15%.