"Un homme sans arrêt en passion", "un esprit vif", "une grande générosité" : les hommages à Robert Hossein

Le comédien, réalisateur et metteur en scène Robert Hossein est mort jeudi 31 décembre, à l'âge de 93 ans.

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Radio France
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Homme de théâtre et de cinéma, Robert Hossein restera le créateur de grands spectacles populaires aux mises en scène démesurées.  (CHRISTOPHE ENA / POOL / AP POOL)

L'homme de théâtre, comédien, metteur en scène, Robert Hossein s'est éteint jeudi 31 décembre à l'âge de 93 ans. Il avait notamment marqué des générations de spectateurs pour son rôle du comte Joffrey de Peyrac dans la série de films "Angélique". Il restera le créateur de grands spectacles populaires aux mises en scène démesurées. Les hommages se multiplient après l'annonce du décès de Robert Hossein.

"L'intuition de ce qui était populaire", salue Jacques Weber

"Il avait une intuition de ce qui était vraiment populaire", a relaté jeudi sur franceinfo le comédien et metteur en scène Jacques Weber. "Il y avait un rapport émotionnel entre le grand public et lui qui était incroyable", assure-t-il..

Le metteur en scène raconte être tombé "amoureux de l’homme, de l’énergie, de la rébellion, de la naïveté" de Robert Hossein lors de leur rencontre alors que, jeune comédien sortant du conservatoire, Jacques Weber considérait alors Robert Hossein comme "une vedette de mauvais cinéma".

"Des énergies comme la sienne sont rares et nous font beaucoup de bien", témoigne Jacques Weber, devenu ensuite l’ami de Robert Hossein, puis son parrain lors du baptême du comédien à l’âge de 50 ans. "C’est moi qui ai été son parrain, à cet âge là, c’est assez troublant", relate Jacques Weber. "Il y a toujours eu une spiritualité très forte, très incandescente en lui, très mystérieuse mais qui, petit à petit, s’est structurée, a forci avec le temps".

"Un volcan de création et un homme généreux", pour Jean-Michel Ribes

"C'était un homme sans arrêt en passion, une espèce de volcan de création et surtout un homme très généreux" a réagi sur franceinfo Jean-Michel Ribes directeur du Théâtre du Rond-Point à la mort de Robert Hossein à l'âge de 93 ans jeudi 31 décembre. "Il était incroyablement populaire. C'est le premier homme de théâtre qui a fait ce spectacle interactif en faisant jouer le public. C'est quelqu'un qui avait des projets démesurés et qui n'a reculé devant aucune dimension de spectacle", a-t-il expliqué.

Jean-Michel Ribes a salué aussi l'homme "séducteur" qui avait une "fureur de vivre". Selon lui, le public aimait sa "capacité à être extraordinaire humain, d'avoir des colères incroyables". "Il savait rencontrer les gens, rencontrer le regard des gens, rencontrer l'amitié des gens, l'amour des gens. C'était sa nature", salue-t-il.

"Un esprit vif, en osmose avec les acteurs", souligne Francis Gillery

Francis Gillery termine actuellement un film sur Robert Hossein. Il fait part sur franceinfo de son "émotion". "Je lui souhaitais un bon anniversaire hier. C'était le jour de ses 93 ans", explique-t-il. Selon lui, "il était affaibli par l'âge, mais avait encore un esprit vif". "On avait encore affaire à quelqu'un qui était le grand Robert Hossein qu'on a tous connu", a-t-il raconté.

Le film de Francis Gillery raconte l'histoire du Théâtre populaire de Reims, la compagnie théâtrale créée et dirigée par Robert Hossein entre 1971 et 1978 : "Il était tellement investi dans ce qu'il faisait qu'il avait besoin d'être en osmose avec les acteurs et c'est valable aussi pour ses techniciens. Il montait des pièces de théâtre qui, à l'époque, produisaient des spectacles d'une grande sophistication technique. Et ils avaient autant d'amour pour cette équipe technique que pour ses comédiens", a-t-il expliqué.

Francis Gillery est revenu sur les célèbres colères de Robert Hossein : "Il n'y a pas de rancune. Il a des moments de colère parce qu'il est entier. Mais ça passe immédiatement. Ça ne reste pas. Il n'y a pas de traces des moments de colère", témoigne-t-il.

"Une énergie violente et phénoménale", se rappelle Robin Renucci

Robert Hossein "cherchait à capter la vie et l'énergie de la vie", a réagi sur franceinfo le comédien et metteur en scène Robin Renucci. Robert Hossein, avec qui Robin Renucci a joué dans Les Misérables. "Il avait ce désir de culture et d’élévation", se souvient également Robin Renucci. "C'était un meneur de troupe, évidemment, Robert Hossein, avec sa voix rauque, très attachant, et une énergie phénoménale, un peu obsessionnel parfois, et c'était toute sa qualité et en même temps, ces petits défauts", témoigne Robin Renucci.

Robert Hossein, avec sa voix rauque, était très attachant, et une énergie phénoménale, un peu obsessionnel parfois.

Robin Renucci

Robert Hossein était "hypocondriaque également. C'était parfois amusant avec les imprévisibilité du plateau le matin". L’actuel directeur du centre dramatique les Tréteaux de France se souvient du tournage des "Misérables", en 1982. "Nous étions, pour ce tournage, en grande partie dans les studios de Bry-sur-Marne. Il y avait beaucoup de scènes de barricades avec des baïonnettes en caoutchouc. Mais Robert s'est rendu compte dans ses rushs à 19 heures ou 20 heures, après deux ou trois jours de tournage sur ces scènes, que les baïonnettes oscillaient, comme des petits serpents ou des fusils qui perdaient toute leur énergie. Il avait du refaire complètement toutes ces scènes de combat."

Il conclut : "Je me souviens d'un Robert, toujours attachant, mais dans cette énergie violente et phénoménale d'avoir pu rater ça, de ne pas l'avoir vu venir."

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