Licenciement de Stéphane Guy : le but de Vincent Bolloré, "c’est de faire régner la terreur" à Canal +, affirme la journaliste Isabelle Roberts

La co-fondatrice du site LesJours.fr et co-autrice de l’enquête “L’empire : comment Vincent Bolloré a mangé Canal ", raconte comment les journalistes de la chaîne ont été "menacés" par leur patron.

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Radio France
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Vincent Bolloré, président du groupe Canal+, en 2018. (ERIC PIERMONT / AFP)

Le but du licenciement du journaliste sportif Stéphane Guy, survenu le 24 décembre, "c’est de faire régner la terreur" au sein de Canal+, affirme sur franceinfo mercredi 30 décembre, Isabelle Roberts, journaliste, co-fondatrice du site LesJours.fr et co-autrice de l’enquête “L’empire : comment Vincent Bolloré a mangé Canal ". Elle y explique que des journalistes de la chaîne ont été "menacés" par leur direction car "il ne fallait pas dire un mot à l'antenne en faveur de Stéphane Guy."

"Faire un exemple avec Stéphane Guy"

Stéphane Guy avait été mis à pied à la suite de son message de soutien adressé à l'humoriste Sébastien Thoen, le 9 décembre, avant le coup d'envoi de la seconde période du match Montpellier-Paris : "Je veux saluer l'ami Sébastien Thoen qui n'a pas eu la sortie qu'il aurait mérité. On lui souhaite bon vent", avait-il dit à l'antenne.

"Vincent Bolloré a voulu faire un exemple avec Stéphane Guy, comme il voulait faire un exemple avec Sébastien Thoen", estime Isabelle Roberts. L'humoriste avait lui-même été licencié pour avoir participé à un sketch parodiant une émission de Pascal Praud, sur Cnews, autre chaîne du groupe Canal .

"Les journalistes de Canal ont été réunis par la direction pour carrément les menacer, leur dire qu'il ne fallait pas dire un mot à l'antenne en faveur de Stéphane Guy."

Isabelle Roberts

à franceinfo

150 journalistes et collaborateurs du service des sports de Canal avaient écrit à la Société des journalistes de Canal pour protester contre l’éviction de Stéphane Guy.

"On essaie de le flatter" comme les équipes de Donald Trump

"On imagine bien que dans les coulisses de la chaîne, l'ambiance n'est pas vraiment en ce moment à la fronde même si le licenciement de Stéphane Guy a beaucoup indigné, un 24 décembre en plus, on peut noter l'élégance de la méthode", commente la co-fondatrice du site LesJours.fr. "C’est ce que l'on racontait dans les premiers épisodes de ‘l’Empire’, Vincent Bolloré a dit un jour lors d’un comité social et économique (CSE), 'la terreur fait bouger les gens'.C'était juste avant de faire une grande charrette d'une centaine de cadres qu'il allait virer", raconte Isabelle Roberts.

"Il faut croire que la liberté d'expression est à géométrie variable", ajoute Isabelle Roberts alors qu'Eric Zemmour est, lui, maintenu à l'antenne de Canal+ bien qu'il vienne d'être à nouveau condamné pour incitation à la haine.

L’entraîneur de football Paul Le Guen a pris la parole pour contester auprès de Vincent Bolloré le licenciement de Stéphane Guy. "C'est tout à son honneur de le faire", estime la journaliste. "D'ailleurs, ça m'a assez amusé quand j'ai lu ce texte, ça m'a fait penser à la manière dont les gens s'adressaient à Donald Trump au moment où il ne voulait absolument pas lâcher la barre au mois de novembre. On lui parle un peu gentiment et on essaie de le flatter, comme si c'était un forcené."

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