Théâtre : "Bella Figura" de Yasmina Reza, une pièce "à la fois drôle et terrifiante" résume Emmanuelle Devos

A l'affiche, au théâtre du Rond-Point, dans la pièce "Bella Figura" de Yasmina Reza, Emmanuelle Devos, qui interprète le personnage central de la pièce : Andrea, revient sur son personnage. 

Emmanuelle Devos, le 21 septembre 2017.
Emmanuelle Devos, le 21 septembre 2017. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Une soirée qui peu à peu vire au cauchemar pour ses cinq protagonistes. C’est ainsi que l’on pourrait résumer l’histoire de Bella Figura, pièce tragi-comique de Yasmina Reza présentée jusqu’au 31 décembre à Paris au théâtre du Rond-Point.

Interview d'Emmanuelle Devos par Anne Chépeau
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Le personnage central de la pièce : Andrea, mère célibataire et maîtresse d’un homme marié, est jouée par Emmanuelle Devos.

franceinfo : Comment pourrait-on résumer le caractère d'Andrea ? 

Emmanuelle Devos : C'est une femme borderline. On sent une grande solitude. C'est effectivement le personnage révélateur de la pièce. Sa présence même, au-delà de son apparence, de son caractère qui est un petit peu perturbé, fait bouger les pièces d'échiquier d'une soirée qui a priori aurait été bien ordonnée. 

Qu'est-ce qui vous a séduit dans le rôle ? 

J'aime tout dans cette pièce. Andrea est quelque chose de tellement fou ! C'est très agréable à jouer, c'est très amusant et en même temps, il y a une sorte de douleur intérieure qui est aussi plaisante à exprimer. Elle est drôle aussi. C'est un des plus beaux personnages que j'ai eu à jouer. C'est ça qui m'a plu. 

La phrase que vous prononcez à la fin de la pièce résume la pièce... 

'On perd avec son petit barda pour conquérir le monde. On imagine que l'armée avance mais on se fane sur place'. Oui, c'est un spectacle marécageux. Il y a quelque chose comme ça d'enlisement. C'est à la fois drôle et terrifiant. 

Chacun peut y retrouver un peu de soi...

Comme ce n'est pas psychologisant ni explicatif, ce sont de parfait miroirs pour le spectateur. Chacun va y voir midi à sa porte. Il y en a que ça réjouit, d'autre que ça déprime. D'autre qui réfléchissent. En plus, Yasmina n'écrit absolument pas des pièces pour faire réfléchir les gens mais l'effet est là quand même.